toi, je t’avais dans le regret de Jessica Soror

toi, je t'avais dans le regret de Jessica Soror

Les Éditions de l’Amandier ont déjà une tradition de publication de poètes mais créer une collection c’est affirmer et afficher la place de la poésie dans la politique éditoriale.
Le titre de cette nouvelle collection – Accents graves / Accents aigus – dit aussi la volonté d’Henri et de Laurent Citrinot de l’ouvrir aux multiples accents de la poésie contemporaine dans la diversité de ses formes, de ses chemins. C’est sous ce signe plus proche du lieu de rencontres, du croisements de routes, de ce zigzag qui dessine la marche de la poésie vivante, que sous celui d’une « ligne » que se placent leurs choix éditoriaux.
[…]
L’éventail se veut largement ouvert entre tons et formes différents, laissant toute liberté au lecteur de s’orienter, et, mieux encore, de se désorienter dans cette invite à la découverte, à la surprise, au déplacement qu’est le poème.
Parole chercheuse, insoumise, ludique ou résistante, mais qui, toujours, interroge la langue, explore l’altérité de l’autre comme de soi et, à travers l’émotion, dans le sens premier de ce terme, invite au mouvement, convoque le corps et l’esprit, les sens et la pensée quand, comme le notait Edmond Jabès, entre le sens et les sens il y a suffisamment de lettres communes pour que les mots cessent de s’ignorer.

Extrait de l’avant-propos de Claude Ber

Paru le 1er février 2008

Éditeur : L’Amandier

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Léopold Sédar Senghor

Femme noire

Femme nue, femme noire
Vêtue de ta couleur qui est vie,
de ta forme qui est beauté !
J’ai grandi à ton ombre ;
la douceur de tes mains bandait mes yeux.
Et voilà qu’au cœur de l’Été et de Midi,
je te découvre, Terre promise,
du haut d’un haut col calciné
Et ta beauté me foudroie en plein cœur,
comme l’éclair d’un aigle.

Léopold Sédar Senghor, 1906-2001, « Femme noire », Chants d’ombre, Éditions Points, 2021.