moujik moujik de Sophie G. Lucas

moujik moujik de Sophie G. Lucas

« J’ai voulu explorer ces sentiments : la révolte, l’indifférence, l’habitude, en m’appuyant sur l’image que l’on nous renvoie de la pauvreté dans les médias. Avec la volonté de les confronter à mon propre vécu : dans mon entourage, dans ma propre expérience, dans mes souvenirs de reportages effectués quand j’étais journaliste auprès de personnes vivant dans la rue.
J’ai tenté d’explorer de l’intérieur cette pauvreté, qu’elle soit matérielle, affective, culturelle. Tenté seulement. Imaginé. En essayant de me projeter, en essayant de deviner ce que pouvaient ressentir ces personnes qui ont un nom, une histoire, une enfance, une famille, une identité. Cela ne rend pas les choses plus supportables. J’ai tenté d’approcher ces personnes autrement, par des mots. Non pas en me disant ça peut m’arriver un jour, mais en pensant : cette autre personne, c’est moi. »

Paru le 1er juin 2010

Éditeur : Etats civils

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

La colline que nous gravissons

Mais soudain, l’aube nous appartient.
Sans savoir à quoi cela tient, nous agissons.
Sans savoir à quoi cela tient, nous avons
tenu bon,
Témoins d’une nation non pas brisée,
mais simplement inachevée.

Amanda Gorman, La colline que nous gravissons , Traduit de l’anglais (États-Unis) par Lous and the Yakuza, Éditions Fayard, 2021.