… le poids qui l’avait fait tomber d’Amélie Collet

… le poids qui l'avait fait tomber d'Amélie Collet

Il doit être sept heures du matin. Comme c’est terriblement commun, finalement. Aucune marquise n’erre au dehors. Il n’y a qu’Ezéchiel en dedans. Le jour s’épouste à travers les persiennes de la salle à manger ; ainsi la lumière s’aventurine. Les volets du salon, les volets de ce côté-ci, sont ouverts. Des fenêtres, notre homme n’embrasse pour l’instant qu’une partie du ciel. Sous un cadre, toujours. Le périmètre comme première étape de la sagesse. Croit-on pouvoir tout encercler ?

Professeur de lettres modernes dans l’Académie de Créteil,
Amélie Collet est également directrice d’études et chargée d’enseignement à la Faculté des Lettres de l’ICP. Titulaire d’un Master de philosophie esthétique, elle poursuit à Paris IV son doctorat de stylistique sur la « voix poétique » et l’œuvre d’André du Bouchet. Violiste de gambe, animatrice d’un Atelier d’écriture poétique et intervenante au sein de la « Prépa École du Louvre » de l’ICP, cette jeune poète place la « transdisciplinarité » au cœur de ses projets universitaires et artistiques.

Paru le 1er avril 2010

Éditeur : L’Act Mem

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Marceline Desbordes-Valmore

« Les roses de Saadi »

J’ai voulu, ce matin, te rapporter des roses ;
Mais j’en avais tant pris dans mes ceintures closes
Que les nœuds trop serrés n’ont pu les contenir.

Les nœuds ont éclaté. Les roses envolées
Dans le vent, à la mer s’en sont toutes allées.
Elles ont suivi l’eau pour ne plus revenir ;

La vague en a paru rouge et comme enflammée :
Ce soir, ma robe encore en est tout embaumée…
Respires-en sur moi l’odorant souvenir.

Marceline Desbordes-Valmore, « Les roses de Saadi », Poésies de 1830.