il(s) de Marianne

il(s) de Marianne

Dans ce livre, Marianne observe ceux à qui on ne prête pas attention ou plutôt ceux à qui on ne veut pas prêter attention, peut-être parce qu’ils nous font peur ou parce qu’ils nous ressemblent.

Elle les voit sans pathos, mais comme à travers le prisme d’une remise en question perpétuelle qui nous ébranle par sa justesse. Ses poèmes nous raccrochent à quelque chose d’essentiel parce qu’ils vont puiser en nous par la force des mots à la fois cette indifférence feinte, un sentiment de révolte et un courage « intime » devant l’insupportable que nous supportons.

Les poèmes de Marianne, jusque dans la vision apocalyptique, sont là pour nous interroger jusqu’au basculement en nous-mêmes dans une introspection quasi ontologique.

« Me regarder m’effacer pour me laisser me refléter. »

Paru le 1er novembre 2011

Éditeur : Unicité.

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Lorand Gaspar

Approche de la parole

Le poème n’est pas une réponse à une interrogation de l’homme ou du monde. Il ne fait que creuser, aggraver le questionnement. Le moment le plus exigeant de la poésie est peut-être celui où le mouvement (il faudrait dire la trame énergétique) de la question est tel - par sa radicalité, sa nudité, sa qualité d’irréparable - qu’aucune réponse n’est attendue plutôt, toutes révèlent leur silence. La brèche ouverte par ce geste efface les formulations. Les valeurs séparées, dûment cataloguées, qui créent le va-et-vient entre rives opposées sont, pour un instant de lucidité, prises dans l’élan du fleuve. De cette parole qui renvoie à ce qui la brûle, la bouche perdue à jamais.

Approche de la parole,
Éditions Gallimard, 1978.