feux nomades de Jacques Robinet

feux nomades de Jacques Robinet

Encres de Renaud Allirand (cf ci-dessus)

Tout était là – tu ne le savais pas :

le chant le murmure le silence

le ressac de la joie après la douleur

la parole rampante sous le vacarme

La vie frappait aux portes de ta clôture

Pourquoi n’ouvrais-tu pas ?

Tu pensais : demain je sortirai

– je découvrirai le chemin des rivières

Je parlerai au vent aux hommes aux oiseaux

Demain n’existe pas

Pour qui dialogue avec les ombres

L’auteur :

Jacques Robinet vit à Paris. Il a écrit plusieurs recueils de poésie dont Veille le Silence, éditions
Saint-Germain-des-Prés, Miroir d’ombres,
et, aux éditions la tête à l’envers, frontières de sable, ces deux derniers illustrés d’encres de Renaud Allirand.

Le peintre :

Renaud Allirand, né en 1970, vit à Paris. Peintre, graveur et dessinateur, il a été lauréat de la Biennale internationale de l’Estampe de Saint-Maur en 2007 et a été récompensé par l’Académie des Beaux-Arts en 2010. Il collabore régulièrement avec des écrivains, dont Paul-Louis Rossi avec lequel il a publié Des mirages et des ombres aux éditions Tandem.

Paru le 1er janvier 2015

Éditeur : La tête à l’envers

Genre de la parution : Livre d’artiste

Poème
de l’instant

Charles Baudelaire

Petits poèmes en prose

Votre œil se fixe sur un arbre harmonieux courbé par le vent ; dans quelques secondes, ce qui ne serait dans le cerveau d’un poëte qu’une comparaison fort naturelle deviendra dans le vôtre une réalité. Vous prêtez d’abord à l’arbre vos passions, votre désir ou votre mélancolie ; ses gémissements et ses oscillations deviennent les vôtres, et bientôt vous êtes l’arbre. De même, l’oiseau qui plane au fond de l’azur représente d’abord l’immortelle envie de planer au-dessus des choses humaines ; mais déjà vous êtes l’oiseau lui-même.

Charles Baudelaire, Petits poèmes en prose, « Le Théâtre de Séraphin », 1868.