Yves Bonnefoy

Yves Bonnefoy naît à Tours le 24 juin 1923.

Sa mère est institutrice et son père employé de chemin de fer. Après un baccalauréat en mathématiques et philosophie au Lycée Descartes de Tours, il entame des études de mathématiques et de philosophie à l’université de Poitiers puis à La Sorbonne où il reçoit notamment l’enseignement de Gaston Bachelard. Il est, dès l’adolescence, profondément marqué par la lecture de Baudelaire, Rimbaud et Mallarmé puis, plus tard, par sa rencontre avec André Breton et les surréalistes. Il avait pour ces derniers découvert la Petite Anthologie du surréalisme de Georges Hugnet, prêtée par le professeur de philosophie.

C’est en 1943 qu’il décide de rejoindre définitivement Paris et de se consacrer à la poésie. Dès 1945, il se lie d’amitié avec de nombreux artistes surréalistes tels qu’Édouard Jaguer, Jaroslav Serpan, Yves Battistini, Jean Brun puis également avec les poètes Gilbert Lely, Christian Dotremont et le peintre Raoul Ubac. En 1946, il crée la revue, La Révolution la Nuit, dans laquelle il publie un fragment de son long poème encore surréaliste, « Le Cœur-espace ». Il publie ses premiers textes intitulés La révolution la nuit, Les deux sœurs et Troisième convoi en 1947 dans des revues à petit tirage. La même année, il s’écarte un peu du mouvement surréaliste en refusant de signer le manifeste Rupture inaugurale

Son premier recueil poétique Du mouvement et de l’immobilité de Douve paraît en 1953 au Mercure de France qui restera son éditeur. Ce recueil est une célébration du ressaisissement de la finitude, de l’épreuve de la mort par la parole :

« Que le froid par ma mort se lève et prenne un sens. »

En 1955, il conçoit avec le réalisateur Roger Livet un film en 35 mm de 17 min, Royaumes de ce monde, sur le sens de l’Annonciation en peinture. Le Grand prix des premières Journées Internationales du court-métrage lui est décerné.

L’écriture poétique d’Yves Bonnefoy va de pair avec son travail de traducteur commencé en 1951 avec la traduction de nombreux textes de Shakespeare tels que Jules César, Henry IV, Hamlet, Le conte d’hiver, entre autres.

Bon nombre de ses ouvrages - on peut citer par exemple Un rêve fait à Mantoue paru en 1967 et Rome 1630 de 1970 témoignent de son intérêt marqué pour l’art de la Renaissance et l’art Baroque, découverts au cours de voyages en Méditerranée.

De 1966 à 1972, il participe à la revue L’Éphémère aux côtés d’André du Bouchet, Jacques Dupin, Louis-René des Forêts et Gaëtan Picon. Michel Leiris et Paul Celan rejoignirent en 1968 le comité de rédaction, au moment du départ de Gaëtan Picon.Après avoir été professeur d’université, il est élu en 1981 au Collège de France.

Yves meurt le 1er juillet 2016, à l’âge de 93 ans.

Extrait

(…) Mais toujours et distinctement je vois aussi
La tache noire dans l’image, j’entends le cri
Qui perce la musique, je sais en moi
La misère du sens. Non, ce n’est pas
Aux transfigurations que peut prétendre
Notre lieu, en son mal, je dis l’espoir,
Sa joie, son feu même de grappe immense, quand
L’éclair de chaque nuit frappe à la vitre, quand
Les choses se rassemblent dans l’éclair
Comme au lieu d’origine, et les chemins
Luiraient dans les jardins de l’éclair, la beauté
Y porterait ses pas errants… Je dis le rêve,
Mais ce n’est que pour le repos de mots blessés.

Dans le Leurre du seuil, 1975.

Bibliographie

Poésie et récits

  • L’écharpe rouge, Mercure de France, 2016.
  • Ensemble encore suivi de Perambulans in noctem Mercure de France, 2016.
  • Les planches courbes, Éditions Gallimard, 2015.
  • Théâtre et poésie, Mercure de france, 1998.
    • La vie errante suivie de Une autre époque de l’écriture, Éditions Gallimard, 1997.
    • Rue traversière et autres récits en rêve, Éditions Gallimard, 1992.
    • Début et fin de la neige, Mercure de France, 1991.
    • Là où retombe la flèche, Mercure de France, 1988.
    • La vie errante suivie de Une autre époque de l’écriture, Mercure de France, 1988.
    • Récits en rêve, Mercure de France, 1987.
    • Ce qui fut sans lumière, Mercure de France, 1987.
    • Poèmes, Mercure de France, 1986.
    • L’Arrière-Pays, Skira, 1972.
    • Du mouvement et de l’immobilité de Douve , Mercure de France, 1953.

    Essais

    • Palézieux, La Dogana, 2000.
    • La communauté des traducteurs, Presses universitaires, 2000.
    • Baudelaire : la tentation de l’oubli, BnF, 2000.
    • Lieux et destins de l’image, Éditions du Seuil, 1999.
    • Zao Won-ki, Éditions de La Différence, 1998.
    • Scherzo, Scherzo, 1997.
    • Cahier Yves Bonnefoy, le Temps qu’il fait, 1997.
    • Portraits en Provence, Équinoxe, 1996.
    • Jouve, poète, romancier, critique, Lachenal et Ritter, 1995.
    • Dessin, couleur, lumière, Mercure de France, 1995.
    • La journée d’Alexandre Hollan, le Temps qu’il fait, 1995.
    • La petite phrase et la longue phrase, La Tilv, 1994.
    • Palézieux, Skira, 1994.
    • Remarques sur le dessin, Mercure de France, 1993.
    • Alechinsky, les traversées, Fata Morgana, 1992.
    • L’improbable, Éditions Gallimard, 1992.
    • Alberto Giacometti. Biographie d’une œuvre, Flammarion, 1991.
    • Entretiens sur la poésie, 1972-1990, Mercure de France, 1990.
    • Sur un sculpteur et des peintres, Plon, 1989.
    • La vérité de parole, Mercure de France, 1988.
    • La vérité de parole, Mercure de france, 1988.
    • Sur de grands cercles de pierre , Thierry Bouchard, 1986.
    • Gilbert Lely, Thierry Bouchard, 1979.
    • Toute l’œuvre de Mantegna, Flammarion, 1978.
    • Le nuage rouge, Mercure de France, 1977.
    • Rimbaud, Éditions du Seuil, 1961.
    • L’improbable, Mercure de France, 1959.
    • Rome, 1630 : l’horizon du premier baroque, Flammarion, 1970.
    • Un rêve fait à Mantoue, Mercure de france, 1967.
    • Ubac, Maeght, 1955.
    • Peintures murales de la France gothique, Paul Hartmann, 1954.

    Discographie

  • Poèmes(1953-1975), CD, poèmes dits par l’auteur, Éditions Thélème, 2003.