Xavier Grall parmi les siens

Auteur : Xavier Grall

Un ouvrage collectif sur Xavier Grall

A paraître début 2013 aux éditions Rafael de Surtis, Xavier Grall parmi les siens, une anthologie préparée par Jacques Basse en hommage au poète Xavier Grall (1930-1981).

Illustré par les portraits au crayon de Jacques Basse et préfacé par Marie-Josée Christien, l’ouvrage croise les approches et les lectures avec les témoignages (Jean-Claude Albert Coiffard, Bruno Geneste, Jacqueline Saint-Jean, Pierre Tanguy, Gilles Baudry, Gérard le Gouic…) et réunit 113 voix de tous horizons poétiques et géographiques, amis et « compagnons d’encre » de Grall (Glenmor, Gwernig, Hélias, Laude…), poètes de plusieurs générations partageant sa quête pour une poésie sensible et rebelle, prenant sa source dans la vie et le réel.

Les 113 poètes réunis dans l’anthologie autour de Xavier Grall :

Xavier Grall. Duval. Glenmor. Quéré. Guillevic. Gwernig. Hélias. Laude. Le Gouic. Le Quintrec. Le Men. Perros. Tanguy. Wellens. Gloaguen. Laurent-Catrice. Colin. Christien. Jégou. Saint-Jean. Kermarrec. Allain-Guesdon. Allix. Arabo. Bailleul. Baglin. Baron. Baude. Baumier. Baudry. Bekri. Belleveaux. Bernard. Bernol. Bertholom. Biedermann. Billaud. Boulic. Briet. Bulting. Cabral. Cadou H. Cadou R-G. Capmal. Carn. Chaumorcel. Chenet. Cléry. Coiffard. Cosson. Couliou. Coulmin. Cousin. Dauphin. Daviaud. Derouard. Dirmeikis. Dobzinski. Drano. Dugué. Durieux. Garnier-Duguy. Geneste. Gilory. Gosztola. Grasset. Guénéguan. Guéno. Halbert. Hiriard. Jakobiak. Joquel. Josse. Kerangueven. Laâbi. Lavaur. Le Cleac’h. Le Corre. Le Dantec. Le Moigne. Lemoigne. Lejard. Le Roux. Lerner. Leroux. Louis-Combet. Massaut. Mathurin-Thébault. Maubé. Maxence. Mestas. Moign. Morillon-Carreau. Nédélec. Nicol. Noël. Orveillon. Padellec. Perron. Perroy. Sanda. Serreau Simon. Schesne. Schneider. Sourdin. Tardif. Temple. Thèbe. Thuillier. Torri. Touzeil. Vidal. Vigée.

Paru le 1er janvier 2013

Éditeur : Rafael de Surtis

Genre de la parution : Anthologie

Poème
de l’instant

Stéphane Crémer

La Terre

Au sortir d’un rêve à Brasilia j’ai empoigné
la terre, déjà si âcre à mes mains
que leurs paumes m’ont paru des papilles
d’où montait un goût avec son parfum.

Quelqu’un est mort bien loin ce matin
et j’ai pensé, en me baissant jusque là
pour l’emporter à mon tour, que je saurais
l’y ensevelir à ma manière en secret.

Ainsi – car n’allons pas priver la poésie
de sa logique : ni car ni ainsi ne sont proscrits
du poème, ni aucuns mots, pourvu qu’ils s’unissent
en pensée par-delà les marges noires du faire-part ! – ,

ainsi je garde près de moi, dans des flacons
comme une épice sur l’étagère de ma cuisine,
ce pigment rouge du Brésil dont je sais qu’un jour,
empesé à l’amidon de mon choix, un beau jour

nous partagerons la délicieuse peinture mitonnée
qui montrera, aussi bien qu’une Joconde enfin
pour de bon éclipsée de son cadre, ce qu’il reste
de cette disparition : un paysage, et son horizon !

Stéphane Crémer, compost, Éditions isabelle sauvage, 2013.