Vues d’Anvers de Jan de Weck

Vues d'Anvers de Jan de Weck

Chroniques

Jan de Weck, l’oeil noir et le visage grognon, déambule d’Anvers (où il travaille) au Caillou-qui-bique (où il se repose) en passant par Paris (où il des amis) à la recherche d’une parole vraie (on voit qu’il est un peu nigaud). A force de la chercher, c’est la vérité qui le trouve. La chronique vire à l’exercice, approche l’essai ; Jan de Wek s’avance du côté de la poésie, qui l’attrape. Tel est pris qui croyait prendre.

Jan de Wek, né en 1953 à Bruxelles, est pilote au port d’Anvers.

Paru le 1er juin 2005

Éditeur : L’Act Mem

Genre de la parution : Essai

Poème
de l’instant

Leconte de Lisle

Midi

Homme, si, le cœur plein de joie ou d’amertume,
Tu passais vers midi dans les champs radieux,
Fuis ! la Nature est vide et le Soleil consume :
Rien n’est vivant ici, rien n’est triste ou joyeux.

Mais si, désabusé des larmes et du rire,
Altéré de l’oubli de ce monde agité,
Tu veux, ne sachant plus pardonner ou maudire,
Goûter une suprême et morne volupté,

Viens ! Le Soleil te parle en paroles sublimes ;
Dans sa flamme implacable absorbe-toi sans fin ;
Et retourne à pas lents vers les cités infimes,
Le cœur trempé sept fois dans le Néant divin.

Leconte de Lisle, 1818-1894, « Midi », Poésies antiques, 1852.