Violente la chanson

de Katarina Frostenson

Violente la chanson

Traduit du suédois, annoté et postfacé par Marie-Hélène Archambeaud.

Chemin de deuil, Violente la chanson nous invite à suivre les pensées acérées d’une femme qui vient de perdre une mère bien aimée. Dans une langue épurée, Katarina Frostenson revisite les comptines et les lieux de l’enfance, dialogue avec les poètes et chansonniers suédois, comme avec Ovide ou Marina Tsvétaïéva.
Le recueil original Sanger och formler (Chansons et Formules) emprunte son titre aux Carnets de la poétesse russe. Violence du verbe et musicalité, rythmes. Flux de la vie comme des mots.

Un merle a chanté, s’est envolé tout près
merle noir
ce n’était pas elle
pas cette fois

Elle va et vient maintenant qu’elle n’est plus là
qu’elle est partie comme on dirait
un rayon faiblit, un chemin s’est effacé dans la brume

papillon de nuit sur les onze heures

la main sur le front
sourire tout proche

Être au monde sans plus de mère
c’est quelque chose
comme embrasser le vide

se blottir sous les graviers

Paru le 6 août 2019

Éditeur : Cheyne

Genres de la parution : Recueil Version bilingue

Support : Livre papier

Poème
de l’instant

Jean-Louis Rambour

33 poèmes en forme de nouvelles (ou l’inverse)

Il arrive fréquemment que les hommes aient peur des chevaux. Certains jouent les indifférents, d’autres ne cachent pas leur inquiétude. Pégase, le cheval divin, avait des ailes d’ange à faire peur. Incitatus avait une écurie de marbre, une mangeoire en ivoire, à faire peur. Sur la tombe de son cheval, Alexandre fonda la ville de Bucéphalie et provoqua peur et questionnement. Mais là, là, dans ce champ jaune, il s’agit de retourner les terres les plus empierrées, car tout le monde ne possède pas encore son Massey Ferguson. Auquel on ne prête ni ailes ni ombres.

Jean-Louis Rambour, 33 poèmes en forme de nouvelles (ou l’inverse), Cahiers du Loup bleu, Les Lieux-Dits, 2020.