Vers l’amante d’Hugues Corriveau

Dans Vers l’amante, des poèmes en prose d’une grande densité inscrivent une voix portée à la fois par une lucidité implacable et par un désir toujours renouvelé devant ce que la parole poétique ouvre du secret intérieur. Souvent proches du chant, ces textes qui scandent la passion devant les êtres et le monde suivent la voie du désir. Le poète utilise un lyrisme assumé et trace, au fil des quatre sections du recueil, un parcours qui va de l’être aimé dans " Vers l’amante " à la figure de la mère dans " Vers la mère " pour ensuite s’attarder à la douleur, dans " Vers la nuit ", et à la tension qui fonde sa recherche poétique, à savoir la mort dans " Vers la lumière ".
90 p.
15,95 $
ISBN 2-89018-483-8

Paru le 1er décembre 2002

Éditeur : Le Noroît

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

L’homme désert

Il n’y a pas d’aigle sans désirs.
Il n’y a pas d’aveugle sans regard.
Il n’y a pas de Bonheur.

Mais il n’y jamais ce chant tournoyant et délivrant, cette Parole de toujours, cette terrasse de splendeur portée entre les bras du jour, il n’y a pas ce chant et cette bouche qui chante, et ce corps qui chante cette bouche, et ce désir qui chante ce corps qui l’emporte à sourire, s’il n’y a pas Celle même qui attend encore, au milieu des palmes et des pluies, d’être déliée de son ombre.

André Delons, L’homme désert, Éditions Rougerie, 1986.