Valérie Rouzeau lit ses poètes

Auteur : Valérie Rouzeau

Les bibliothèques et le studio d’électro-acoustique de Pantin, le Conseil Général du " Neuf Trois " -– Seine Saint-Denis — sont des gens, des gens qui m’ont invitée, entre autres, à dire à voix haute et enregistrer de la poésie. Ma poésie. Quelle poésie ? Celle de mes étagères que pour cause de déménagement je mettais alors en boîtes ? (…)
Quelle poésie ? L’ampleur de la question me donnait le vertige comme si je m’étais retrouvée penchée en haut d’une échelle inhumaine tant il aurait fallu embrasser tout le monde et n’oublier personne. (…) Ces vingt-deux sont de mes phares, lanternes, loupiotes. J’apporte une grosse boîte d’allumettes pour toute la compagnie… "

Paru le 1er septembre 2003

Éditeur : Le Temps qu’il fait

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Alejandro Jodorowsky

Es como abrir un menhir con las manos

Cesad de buscar, vosotros mismos sois la puerta
y también los guardianes que prohiben la entrada.
A cada paso que dais os alejais del ombligo
convertidos en fantasmas sedientos de aventura.
Creeís que el matrimonio os libera de la muerte
o que el dinero os inscribe en la jerarquía divina.
Cesad de buscar, el filtro mágico es la conciencia,
ojo que puede regresar a las cuencas vacías de Dios
atravesando la muerte. Nadie se encuentra a sí mismo
recorriendo los mares o bajando a cavernas.
No es fácil, es como abrir un menhir con las manos
porque tenemos un alma más dura que la piedra.

Alejandro Jodorowsky, Traduit de l’espagnol (Chili) par Martin Bakero et Emmanuel Lequeux
dire ne suffit pas, no basta decir, Le Veilleur Éditions, 2003.