Vaguedivague

Auteur : Pablo Neruda

Vaguedivague

Pablo Neruda publie Estravagario, présenté en français sous le titre Vaguedivague, en 1958. Il en parle comme d’une œuvre essentielle pour lui et insiste sur l’humour grave dont le rôle est d’exorciser la mort, voire de l’insulter avec la dérision qui minimise l’instant où la terre reprend ce qu’elle a donné.
Vaguedivague est, peut-on dire, une œuvre métaphysique, dans la mesure où elle tente l’esquisse d’une philosophie terrestre capable d’élucider l’existence. Neruda rassemble et sonde des souvenirs, des expériences, des voyages – réels et légendaires – et ne fait jamais que revenir là où le rocher, l’arbre, la vague océane et la lumière solaire s’unissent. Ce point d’équilibre c’est la terre de prédilection désertée en vain.
Neruda confie à Vaguedivague ce cheminement de la terre vers la terre. Il s’agit donc aussi d’une œuvre profondément matérialiste, opérant d’inlassables retours à la matière et cherchant à unir l’animé à l’immuable, le mouvement et la fixité.

Paru le 1er juin 2013

Éditeur : Gallimard

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Valère Novarina

Chronophobie

Ici-bas dans la tourmente, il danse
Écoutez mes aïeux :
Je danse à la gueule de dieu

Traçant une ligne invisible
Entre n’être et naître pas
Entre naître et n’être pas
J’ai vécu vaille que vaille
Tout au fond d’l’univers
Le réel m’a pris en tenaille
Je danse à cœur ouvert

Le jour venu, mon âme d’animal
Si vous la trouvez en moi
Portez-la dans le sein d’Abraham !

Mai 2019, Valère Novarina, extrait de Chronophobie, poème inédit confié au Printemps des Poètes pour la 11e édition du Prix Andrée Chedid du Poème Chanté.