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Fonds : Jean-Pierre Sintive.

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L'Oeil bande

1er décembre 2016

L’Oeil bande

Je continue
tout le noir de la rue jeté revient
au bout de quoi glisse
tout le noir
de la rue jetée dans sa bande brille
comme ce que c’est que le dehors en nerf
dans chaque paquet le sac du jour
ou bien tes os dans ma dégaine
ou bien des linges froids
et le poids qu’ils pendent

Échange longue distance de Thomas Kling

1er novembre 2016

Échange longue distance de Thomas Kling

Traduit de l’allemand par Aurélien Galateau
ceux qui ont écouté dans les mortiers,
liaison permanente avec l’avenir, pour
connaître leur sort (unique) : que se
diraient les semis de pavot ? l’un à l’autre ?
liaison directe, les bruits du pilon, ce
chuchotement, ce murmure dans l’oreille.

Sans chute de Raluca Maria Hanea

1er avril 2016

Sans chute de Raluca Maria Hanea

Imprimé en typographie, 64 p., broché
on ne se voit plus, c’est mieux ainsi
je n’oublie rien, pourtant je fais des listes
des tremblements en tête
lire les autres nous dépêche
je n’oublie rien, c’est mieux ainsi

Des terrains vagues, variations de Yann Miralles

1er mars 2016

Des terrains vagues, variations de Yann Miralles

aller là où
de grandes formes sombrent
s’enfuient dessous, tout
cela que nous fûmes
avons bâti :
gratte-ciels inversés
cités enfouies
bouches qui parfois font
des bulles à la surface –
là où
tout ce qui passe
s’entasse dessous

Sous le seuil

1er mars 2016

Sous le seuil

Qu’est-ce qui se dissimule sous le seuil ? Réalités nichées dans les interstices, vies minuscules qui se tiennent à côté de nous, imperceptibles et silencieuses. Nuisibles, envahisseurs, Jean-Louis Giovannoni explore l’espace de nos rejets en une succession de tableaux où la vie des insectes et celle des hommes sont posées sur un même plan. Il se déploie une vision superfocalisée de nos mondes intérieurs, qui fourmillent de ce qu’on refuse de voir, par dégoût ou par peur d’une vermine, de la lente (…)

Poème en trois sections de Geoffrey Squires

1er janvier 2016

Poème en trois sections de Geoffrey Squires

Traduit de l’anglais (Irlande) par François Heusbourg
Il y a des passages qui s’enfoncent dans le bois
des sentiers qui serpentent, tournent, se croisent
et se croisent encore, reviennent sur eux-mêmes
et une sensation de clôture, qui interdit
toute idée de retour, une coupure
une délimitation où que nous soyons

Nous ne jouons pas sur les tombes

1er octobre 2015

Nous ne jouons pas sur les tombes

Traduit de l’américain pas François Heusbourg
Il n’y a pas de Prisonnier –
Quand la Liberté –
En personne – reste avec Toi –

Pierres noyées de Geoffrey Squires

1er septembre 2015

Pierres noyées de Geoffrey Squires

Ce qui est là
ce n’est pas le temps qui passe
mais le temps qui change
ma mère en vieillissant
ne comprend pas
que je vieillisse
ce qui est là
ce n’est pas le temps qui passe

<i>'j</i>

1er juin 2015

’j

Faut-il cesser d’écrire quand
on n’a plus qu’une chose à dire ?
Non, si tu peux la dire
Je ne peux pas la dire
Alors tais-toi
Non

Manhattan espace buccal de Thomas Kling

1er juin 2015

Manhattan espace buccal de Thomas Kling

Editions bilingue
Traduit de l’allemand par Aurélien Galateau
la lumière a disparu plus qu’un fracas
et nous étions installés dans l’air
nous sur une île
rassemblés
et seuls

Poème
de l’instant

Federico García Lorca

« L’homme approche … »

L’homme approche plus rapidement par la grâce de la poésie du bord où le philosophe et le mathématicien tournent le dos au silence.

Federico Garcia Lorca, 9 octobre 1935.