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Fonds : Jean-Pierre Sintive.

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Pierres noyées de Geoffrey Squires

1er septembre 2015

Pierres noyées de Geoffrey Squires

Ce qui est là
ce n’est pas le temps qui passe
mais le temps qui change
ma mère en vieillissant
ne comprend pas
que je vieillisse
ce qui est là
ce n’est pas le temps qui passe

<i>'j</i>

1er juin 2015

’j

Faut-il cesser d’écrire quand
on n’a plus qu’une chose à dire ?
Non, si tu peux la dire
Je ne peux pas la dire
Alors tais-toi
Non

Manhattan espace buccal de Thomas Kling

1er juin 2015

Manhattan espace buccal de Thomas Kling

Editions bilingue
Traduit de l’allemand par Aurélien Galateau
la lumière a disparu plus qu’un fracas
et nous étions installés dans l’air
nous sur une île
rassemblés
et seuls

<i>Bouche-Suie</i>

1er mars 2015

Bouche-Suie

Nuit trouée. Le champ sans mesure du
regard mange son ombre. Je ressasse
une vieille histoire de poings. J’imagine
la roideur de membres privés d’âme.
Pas d’âme, ok, mais la roideur.

Les chevaux de Tarkovski de Pia Tafdrup

1er mars 2015

Les chevaux de Tarkovski de Pia Tafdrup

Traduit du danois par Janine et Karl Poulsen
… La force de la langue -
Eurydice chante.
Un je ne sais quoi dans l’être du cheval
le fait apparaître.
Une ombre luit,
à présent il EST ici. C’est tout.
Pia Tafdrup

Zambèze

1er janvier 2015

Zambèze

est-ce une chance pour ma paresse de n’être pas romancier, un écrivain voyageur absorbe témoignages et sources, livres et documentation, c’est admirable ; ici, je ne sais pas ce que je fais, entre poème et dérives, fragments lâches et proses méditatives, j’avance à l’aveuglette, en croisant les espaces, ainsi que je l’ai toujours fait, et ainsi qu’au fond nous faisons tous dans la vie, parce qu’il nous manque l’instant (…)

Paysages et silences de Geoffrey Squires

1er décembre 2014

Paysages et silences de Geoffrey Squires

EXTRAIT Ciel comme plomb l’écho des cris dans le vide petites formes une deux toute une ligne mouvantes rapprochées saisies sur le blanc
LE TEXTE Livre charnière dans l’oeuvre de Geoffrey Squires, Paysages et Silences marque l’introduction progressive de l’abstraction dans sa poésie. Poèmes du voyage, traversant les paysages d’Europe (Grèce, Espagne, France, Irlande…), qui alternent les ambiances chaudes et les brusques hivers, la confusion de la mémoire et la question de sa présence à la réalité. (…)

Les mots sont des vêtements endormis de Jean-Louis Giovannoni

1er novembre 2014

Les mots sont des vêtements endormis de Jean-Louis Giovannoni

Tout tient dans l’air sans qu’il y ait besoin d’appui. Passerelle sans aucune rive. Passerelle entièrement aérienne d’où tu ne pourras pas te jeter. Le malheur veut que tous ceux qui passent par-dessus la balustrade ne tombent jamais. Leur vient toujours sous les pieds une autre passerelle.
Tu dis que tu aimerais te jeter, passer par-dessus la rambarde, alors que c’est le sol que tu cherches inlassablement.
Ni l’un ni l’autre ne viennent. Ni la chute ni le sol.
Avec cela attends-tu toujours que (…)

Haut Fail

1er novembre 2014

Haut Fail

Qu’est-ce qui se tue ou se sauve d’elle quand on la touche ?
EXTRAIT Après distraitement essuie la table la chaise le merle épie ce qui restera dans l’herbe fume en cachette une cigarette se donne le goût du noir après la pluie parfois bégaie par fatigue Va ouvrir la porte. Mange la lumière. La sueur mouille son dos. Etire ses bras, se frotte la poitrine, retient l’odeur des jours dans un papier de soie. Aujourd’hui, elle n’a rien fait. Elle ira voir la mer.
LE TEXTE Deux textes frères se succèdent (…)

Alimentation générale

1er juin 2014

Alimentation générale

… les sources recoulent-elles
quand le monde est en danger ?
pourquoi élaguer un orme énorme ?
pourquoi Tahar a-t-il peur en enfonçant sa ùmain
toute entière dans le trou sur la berge du fleuve ?
pourquoi sur de longues tiges d’herbe
les fourmis font-elles leurs Tarzanes ?
pourquoi aimons-nous l’eau claire
dans un verre transparent ?
pourquoi faut-il méditer ? ou moins écrire ?
pourquoi faut-il lire Arno Schmidt et Tarjei Vesaas
et André Dhôtel et Aaron Shabtaï… et…
(pourquoi les noms (…)

Poème
de l’instant

Les quatre coins du cœur

Un garçon qui, avec le courage des simples, aimait ce qu’il désirait, admettait ce qui l’émouvait, bref, s’y livrait sans se débattre. Naïvement, comme plus personne – ou si peu – n’en avait la possibilité, le courage ou la simplicité en ce siècle.

Françoise Sagan, Les quatre coins du cœur, Éditions Plon, 2019.