Une vallée dans la violence de Gösta Agren

Une vallée dans la violence de Gösta Agren

Traduit du suédois par Christina Thorn.

Gosta Âgren, poète finlandais de langue suédoise, est natif d’Ostrobothnie sur la côte ouest de la Finlande ; une province très authentique, terre de cultivateurs, pays de grandes plaines mais aussi de forêts et de mer. C’est peut-être justement cette authenticité du milieu d’origine qui a donné à l’œuvre de ce poète sa profondeur. Gosta Âgren est en effet le maître de la phrase poignante « < la vie et la mort sont les deux ailes / du même oiseau »),de l’image qui frappe « < .. .entre / les arbres noirs nous apercevons / les larmes scintillantes / du fjord ensoleillé »). C’est aussi un justicier « < la vie n’est pas / le bout de pain / jeté au mendiant,/ mais le pain / qu’il nous rend »). Mais surtout c’est un homme qui tâche de dévoiler la vérité sur l’existence ; il explore les réalités de la guerre et de l’histoire, dépeint avec dévotion la nature nordique, flâne dans le fantastique, l’impalpable et l’extraordinaire. Il est également d’une conscience tranchante envers la poésie, valeur de sa propre vie : « … Raconter / une chose, c’est la réduire en paroles, / c’est éteindre la nudité éblouissante de la vie.! C’est par ce moyen que j’ai survécu. »

Gosta Âgren a derrière lui une longue expérience de travailleur culturel. Il a publié son premier recueil de poésie (Kraft och tanke / Force et Pensée) en 1955. Depuis il a produit une œuvre considérable ; essentiellement de la poésie, mais aussi quelques romans et des essais. Il a été traduit dans une dizaine de langues, notamment en anglais, allemand et espagnol. Il a reçu en 1989 le Prix Finlandia, consécration qui l’a rendu célèbre dans son pays. Il est actuellement un des poètes les plus lus en Finlande.

Paru le 1er novembre 2004

Éditeur : Fédérop

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Maximine

Dits de la folie des pivoines

La vie va la poésie dure
Tout comme Hokusaï qui dit-on
Chaque jour dessinait un lion
Je taillerai dans la verdure

Une pivoine chaque jour
Comme ça pour le seul plaisir
D’être là de n’en pas mourir
Et d’aimer dire mon amour

Maximine, « Dits de la folie des pivoines », Revue Caravanes 7, Éditions Phébus, 2001.