Une saison en enfer d’Arthur Rimbaud

Une saison en enfer d'Arthur Rimbaud

Préface inédite d’Aragon

L’écriture d’Une Saison en Enfer intervient en 1873, alors que Rimbaud s’isole dans la ferme familiale après le « drame de Bruxelles ». Selon les mots de Verlaine, ce recueil est une «  prodigieuse autobiographie psychologique, écrite dans cette prose de diamant qui est la propriété exclusive de son auteur  ». Une Saison en Enfer est aujourd’hui considérée comme une des œuvres les plus importantes de la poésie française. Le Temps des Cerises entreprend donc de republier ce texte, complété par un appareil de notes important qui permet de replacer ce livre dans son contexte et de mieux l’appréhender. De plus, cet ouvrage contient une préface d’Aragon, inédite jusqu’à aujourd’hui. Écrite dans les années trente pour une édition anglaise d’Une Saison en Enfer, Aragon, au sortir du surréalisme qui doit tant à ce texte, s’insurge contre la tentative de récupération religieuse par Claudel et Paterne Berrichon dont il fit l’objet. En annexe figurent la «  Lettre du voyant  », lettre à son ami Paul Demeny dans laquelle Rimbaud expose sa conception de la poésie, ainsi qu’«  Un cœur sous une soutane  », texte satirique de jeunesse où Rimbaud se moque d’un séminariste de Charleville. Dans la postface, Olivier Barbarant revient sur les liens qui unissent Aragon à Rimbaud et à ce texte. Ce volume permet donc au lecteur une étude approfondie de la Saison en Enfer.
Complétée par un appareil critique sous la direction d’Olivier Barbarant

Paru le 1er octobre 2011

Éditeur : Le Temps des cerises

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Ludovic Janvier

Bientôt le soleil

« Je ne cherche pas l’essor, l’oubli, la grâce, je sais qu’ils me sont impossibles. Et d’ailleurs je ne le voudrais pas. L’ange me fait peur. Non, je cherche la présence et le poids, ou plus exactement la présence me cherche, le poids me trouve, le poids sur moi de la lumière comme un mur, la présence à plein regard de la mer qui fait masse ou du feuillage hanté par le ciel. De sorte que les jours de timidité, ou de trop fort vouloir, je reste pris dans la glu du moment, prisonnier du trop plein jusqu’à la nausée. Les jours de décision, j’allais dire de légèreté mais ne te vante pas, je vois sortir de moi une réponse, plus ou moins claire, plus ou moins simple, plus ou moins forte. Content ? Non, jamais content. Mais, quand même, content. »

Ludovic Janvier, Bientôt le soleil, Flohic Éditions, 1998.