Un présent qui s’absente

Auteur : Michel Baglin

Un présent qui s'absente

Le mot de l’éditeur :

« Comment savoir si l’on est toujours de ce monde ? », s’interroge Michel Baglin au seuil d’Un présent qui s’absente. Comme pour se donner des preuves de vie, le poète établit au fil des textes la carte d’une géographie personnelle toujours en mouvement : quais de gare, trains en partance, quartiers où l’on musarde, chemins de halage, routes et ponts… Poète fraternel, inlassable compagnon de route des gens qui passent, l’écrivain n’oublie pas les êtres qui occupent ces espaces et qui connaissent parfois une difficile présence au monde. Il sait que bon nombre de ses semblables subissent cet ailleurs qu’il aura passé sa vie à rechercher. Et je me plais à rêver que son « Chant des migrants » offre une terre en partage à ceux qui ne connaissent que l’exil. La poésie, cette possibilité d’une patrie en archipel.

Extrait :

« On me dit que la poésie n’est qu’affaire de langage
Mais je sais bien moi que le chant des hommes
est un sang qui revigore le mien
Qu’il m’aide à mieux embrasser le paysage,
à sentir plus fort, à voir plus grand
et que le moindre poème m’aura donné du large »

Paru le 1er septembre 2013

Éditeur : Editions Bruno Doucey

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Les cent mille chants

Ceci est une fable, un divertissement
Où vous êtes pareils au bleu profond,
Et puissent les nuages ne pas vous obscurcir.
Moi la lune, moi le soleil
Si je ne deviens pas le captif des planètes
Nous nous rencontrerons encore et encore.

Milarépa, 1040-1123, Les cent mille chants , Traduit du tibétain par Marie-José Lamothe, Fayard, 1992.