Un petit viol

Auteur : Ludovic Degroote

Un petit viol

c’est le récit haché d’un épisode de l’adolescence qui ne pouvait se dire que dans une
langue hachée : deux versions tête-bêche (Un petit viol / un autre petit viol) tâchent
de raconter un événement dont les suites ne sont pas épuisées, qui font comme deux
récits au milieu desquels l’enfermement ne sort pas de lui-même ça aurait pu être un conte de fées, si les fées mâles existaient pour les adolescents, et si on pouvait se grandir de ce qu’on a vécu deux récits (l’un chronologique, l’autre alphabétique) dont les mots sont identiques et le sens différent en somme c’est quelque chose de bêtement humain il s’agit donc d’un adulte dont on ne sait s’il est coupable et d’un adolescent dont on ne sait s’il est victime or comme il n’y a pas de fées mâles, restent les questions, les failles et les débris près de trente-cinq ans plus tard, la forme s’est trouvé un espace pour tenter de faire tenir ensemble ces ruptures par lesquelles une vie semble continue dès lors qu’on s’y enfouit et qu’on s’y tait.

Paru le 1er janvier 2009

Éditeur : Champ Vallon

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Évariste de Parny

Poésies érotiques

Enfin, ma chère Éléonore,
Tu l’as connu ce péché si charmant
Que tu craignois, même en le désirant ;
En le goûtant, tu le craignois encore.
Eh bien, dis-moi ; qu’a-t-il donc d’effrayant ?
Que laisse-t-il après lui dans ton âme ?
Un léger trouble, un tendre souvenir,
L’étonnement de sa nouvelle flamme,
Un doux regret, et surtout un désir…
… Moments délicieux, où nos baisers de flamme,
Mollement égarés, se cherchent pour s’unir !
Où de douces fureurs s’emparant de notre âme,
Laissent un libre cours au bizarre désir !

Évariste de Parny, Poésies érotiques, 1778.