Tu descends le chemin de mon sang…

Anise Koltz

Tu descends le chemin de mon sang
comme un caravanier
la route de la soie

Lorsque tu tomberas de mes hanches
mille ans auront passé

*

J’aime l’homme
au dos vaste
comme une steppe

Dans les profondeurs de sa terre
j’écoute
le bruit du troupeau de buffles
qui le traverse

Anise Koltz

Poème
de l’instant

L’Impossible

La poésie révèle un pouvoir de l’inconnu. Mais l’inconnu n’est qu’un vide insignifiant, s’il n’est pas l’objet d’un désir. La poésie est moyen terme, elle dérobe le connu dans l’inconnu : elle est l’inconnu paré des couleurs aveuglantes et de l’apparence d’un soleil.

Ébloui de mille figures où se composent l’ennui, l’impatience et l’amour. Maintenant mon désir n’a qu’un objet : l’au-delà de ces mille figures de la nuit.

Georges Bataille, L’Impossible, Éditions de Minuit, 1962.