Trois poètes

Trois poètes

« On apprend l’Eau par la soif
Et la Terre – par les Voyages en mer –
La Passion – par les affres –
Et la Paix – par les récits de guerre –
L’Amour, par la Mort
Et les Oiseaux, par l’Hiver. »

« Par toi, les nuages s’écoulent, l’air vole,
Les pierres ruissellent,
Des eaux naissent les ruisseaux
Et la terre exsude la verdeur. »

« Amour, pourquoi toujours mêler ton nom divin
À la mort sombre et négative ?
Toi seul es évident, tout autre espoir est vain,
Rien n’est rien, hormis ceux qui vivent. »

Anna de Noailles, Emily Dickinson, Hildegarde de Bingen

Paru le 1er novembre 2014

Éditeur : La Différence

Genre de la parution : Anthologie

Poème
de l’instant

Marceline Desbordes-Valmore

« Les roses de Saadi »

J’ai voulu, ce matin, te rapporter des roses ;
Mais j’en avais tant pris dans mes ceintures closes
Que les nœuds trop serrés n’ont pu les contenir.

Les nœuds ont éclaté. Les roses envolées
Dans le vent, à la mer s’en sont toutes allées.
Elles ont suivi l’eau pour ne plus revenir ;

La vague en a paru rouge et comme enflammée :
Ce soir, ma robe encore en est tout embaumée…
Respires-en sur moi l’odorant souvenir.

Marceline Desbordes-Valmore, « Les roses de Saadi », Poésies de 1830.