Trois poètes

Trois poètes

« On apprend l’Eau par la soif
Et la Terre – par les Voyages en mer –
La Passion – par les affres –
Et la Paix – par les récits de guerre –
L’Amour, par la Mort
Et les Oiseaux, par l’Hiver. »

« Par toi, les nuages s’écoulent, l’air vole,
Les pierres ruissellent,
Des eaux naissent les ruisseaux
Et la terre exsude la verdeur. »

« Amour, pourquoi toujours mêler ton nom divin
À la mort sombre et négative ?
Toi seul es évident, tout autre espoir est vain,
Rien n’est rien, hormis ceux qui vivent. »

Anna de Noailles, Emily Dickinson, Hildegarde de Bingen

Paru le 1er novembre 2014

Éditeur : La Différence

Genre de la parution : Anthologie

Poème
de l’instant

L’homme désert

Il n’y a pas d’aigle sans désirs.
Il n’y a pas d’aveugle sans regard.
Il n’y a pas de Bonheur.

Mais il n’y jamais ce chant tournoyant et délivrant, cette Parole de toujours, cette terrasse de splendeur portée entre les bras du jour, il n’y a pas ce chant et cette bouche qui chante, et ce corps qui chante cette bouche, et ce désir qui chante ce corps qui l’emporte à sourire, s’il n’y a pas Celle même qui attend encore, au milieu des palmes et des pluies, d’être déliée de son ombre.

André Delons, L’homme désert, Éditions Rougerie, 1986.