Triste Tristan suivi de Diglossie, j’y serre mes glosses de Paol Keineg

Triste Tristan suivi de Diglossie, j'y serre mes glosses de Paol Keineg

Accède au prestige
quand il tient la reine sous lui-
elle le mord, elle l’insulte
elle en peut plus-
il jouit, hostile-
deux chiens collés l’un à l’autre
au langage
fait de pelures-
j’ajoute un fou un nain un messager-
dans les limites de mon possible.

Paol Keineg est né en 1944. Pôète d’une rude et farouche exigence, son oeuvre est considérée comme une des plus décisives aujourd’hui. Il est aussi l’auteur de pièces de théâtre qui le placent parmi les auteurs importants de sa génération.

Paru le 1er octobre 2003

Éditeur : Apogée

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Marie de France

Lais

Tous deux comme est le chèvrefeuille
qui grimpe autour du coudrier ;
sitôt qu’ils se tiennent enlacés
il n’est plus de tronc ni de feuilles,
et peuvent alors vivre à jamais.
Mais si l’on veut les séparer,
du coudrier c’en est fini,
soudain du chèvrefeuille aussi.
« Belle amie, ainsi va de nous :
ni vous sans moi, ni moi sans vous ! »

Marie de France, Lais, "Le Lai du Chèvrefeuille", Traduction inédite du Printemps des Poètes.