Triste Tristan suivi de Diglossie, j’y serre mes glosses de Paol Keineg

Triste Tristan suivi de Diglossie, j'y serre mes glosses de Paol Keineg

Accède au prestige
quand il tient la reine sous lui-
elle le mord, elle l’insulte
elle en peut plus-
il jouit, hostile-
deux chiens collés l’un à l’autre
au langage
fait de pelures-
j’ajoute un fou un nain un messager-
dans les limites de mon possible.

Paol Keineg est né en 1944. Pôète d’une rude et farouche exigence, son oeuvre est considérée comme une des plus décisives aujourd’hui. Il est aussi l’auteur de pièces de théâtre qui le placent parmi les auteurs importants de sa génération.

Paru le 1er octobre 2003

Éditeur : Apogée

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Alejandro Jodorowsky

C’est comme ouvrir un menhir avec les mains

Cessez de chercher, vous êtes la porte
et les gardiens qui en interdisent l’accès.
Chaque pas vous éloigne du nombril
chimères assoiffées d’aventure.
Vous croyez que le mariage vous libère de la mort
ou que l’argent vous marque dans la hiérarchie divine.
Cessez de chercher, la conscience est le philtre magique,
L’œil capable de rejoindre les orbites vides de Dieu
traversant la mort. Personne ne se rencontre soi-même
en parcourant les mers ou en explorant les cavernes.
C’est difficile, comme ouvrir un menhir avec les mains
car notre âme est plus dure que la pierre.

Alejandro Jodorowsky, Traduit de l’espagnol (Chili) par Martin Bakero et Emmanuel Lequeux
dire ne suffit pas, no basta decir, Le Veilleur Éditions, 2003.