Tribut de Stéphane Romer

Tribut de Stéphane Romer

Premier recueil publié en France d’un poète qui est pourtant considéré en Angleterre comme l’un des plus prometteurs de sa génération. Son travail, fréquemment qualifié de “philosophique” trouve une articulation nouvelle aux éternels grands sujets de la littérature, à commencer par l’amour et ses “idoles”, dont il dira qu’il s’agit de la femme idéale bien sûr, mais aussi d’un fantasme religieux : un leurre dans tous les cas, l’idolâtrie revenant à déshumaniser l’objet même de l’amour.
Ces pages sont, entre autres, autant d’hommages rendus (le “tribut” payé aux “maîtres” par un “disciple” en quête de refuge métaphysique.

Stephen Romer est né en Angleterre en 1957 et vit en France depuis 1981. Il enseigne la littérature au département d’anglais de l’Université François Rabelais de Tours. Il est traducteur (Bonnefoy, Dupin, Follain, Valéry…), auteur de nombreux articles critique pour le Times Literary Supplement notamment, d’une remarquable anthologie de poésie française aux éditions Faber & Faber et de trois recueils de poèmes ( Idols, 1986 – Plato’s Ladder, 1992 et Tribute, 1998). Il est présent dans l’Anthologie bilingue de la poésie anglaise coll La Pléiade, 2005.

Paru le 1er février 2007

Éditeur : Le Temps qu’il fait

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Ludovic Janvier

Bientôt le soleil

« Je ne cherche pas l’essor, l’oubli, la grâce, je sais qu’ils me sont impossibles. Et d’ailleurs je ne le voudrais pas. L’ange me fait peur. Non, je cherche la présence et le poids, ou plus exactement la présence me cherche, le poids me trouve, le poids sur moi de la lumière comme un mur, la présence à plein regard de la mer qui fait masse ou du feuillage hanté par le ciel. De sorte que les jours de timidité, ou de trop fort vouloir, je reste pris dans la glu du moment, prisonnier du trop plein jusqu’à la nausée. Les jours de décision, j’allais dire de légèreté mais ne te vante pas, je vois sortir de moi une réponse, plus ou moins claire, plus ou moins simple, plus ou moins forte. Content ? Non, jamais content. Mais, quand même, content. »

Ludovic Janvier, Bientôt le soleil, Flohic Éditions, 1998.