Traverser l’autoroute de Maxime Fleury

Traverser l'autoroute de Maxime Fleury

On a inventé un langage des signes avec mon père, les bras levés au-dessus de la tête. Un coude par-ci, les mains par-là, les bras croisés. On communique comme on peut. « Comment ça va ? Ça va, bien dormi ? Pas mal… » Enfin, moi, c’est ce que je comprends. On n’a jamais pu se parler pour se mettre d’accord sur ce que veut dire chaque signe, vu que si on pouvait se parler, on n’aurait pas besoin de ces signes. On peut pas se parler parce qu’on peut pas passer.

Paru le 1er juin 2017

Éditeur : Cheyne

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Valère Novarina

Chronophobie

Ici-bas dans la tourmente, il danse
Écoutez mes aïeux :
Je danse à la gueule de dieu

Traçant une ligne invisible
Entre n’être et naître pas
Entre naître et n’être pas
J’ai vécu vaille que vaille
Tout au fond d’l’univers
Le réel m’a pris en tenaille
Je danse à cœur ouvert

Le jour venu, mon âme d’animal
Si vous la trouvez en moi
Portez-la dans le sein d’Abraham !

Mai 2019, Valère Novarina, extrait de Chronophobie, poème inédit confié au Printemps des Poètes pour la 11e édition du Prix Andrée Chedid du Poème Chanté.