Traverser l’autoroute de Maxime Fleury

Traverser l'autoroute de Maxime Fleury

On a inventé un langage des signes avec mon père, les bras levés au-dessus de la tête. Un coude par-ci, les mains par-là, les bras croisés. On communique comme on peut. « Comment ça va ? Ça va, bien dormi ? Pas mal… » Enfin, moi, c’est ce que je comprends. On n’a jamais pu se parler pour se mettre d’accord sur ce que veut dire chaque signe, vu que si on pouvait se parler, on n’aurait pas besoin de ces signes. On peut pas se parler parce qu’on peut pas passer.

Paru le 1er juin 2017

Éditeur : Cheyne

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Maximine

Dits de la folie des pivoines

La vie va la poésie dure
Tout comme Hokusaï qui dit-on
Chaque jour dessinait un lion
Je taillerai dans la verdure

Une pivoine chaque jour
Comme ça pour le seul plaisir
D’être là de n’en pas mourir
Et d’aimer dire mon amour

Maximine, « Dits de la folie des pivoines », Revue Caravanes 7, Éditions Phébus, 2001.