Toute personne qui tombe a des ailes (poèmes 1942-1967)

Toute personne qui tombe a des ailes (poèmes 1942-1967)

Édition et trad. de l’allemand (Autriche) par Françoise Rétif

Édition bilingue
Comme l’annonce d’emblée sa traductrice et préfacière : « On n’en finit jamais de découvrir Ingeborg Bachmann ». L’une des raisons est qu’elle a laissé derrière elle, du fait de sa mort soudaine, brûlée vive en 1973 dans sa chambre d’hôtel à Rome, des centaines de pages inédites.
Cette anthologie de son œuvre poétique a pour but de la révéler plus intimement, dans la vérité et l’acuité de sa démarche. Le présent volume n’a d’ailleurs pas d’équivalent, même en pays germanique : il présente l’œuvre lyrique dans sa continuité, des premiers poèmes composés par la jeune fille de seize ou dix-huit ans, inédits en français, et pour un certain nombre en allemand aussi, aux esquisses tardives, écrites jusqu’en 1967, mais publiées seulement en 2000 à titre posthume.

Paru le 1er septembre 2015

Éditeur : Gallimard

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Marceline Desbordes-Valmore

« Les roses de Saadi »

J’ai voulu, ce matin, te rapporter des roses ;
Mais j’en avais tant pris dans mes ceintures closes
Que les nœuds trop serrés n’ont pu les contenir.

Les nœuds ont éclaté. Les roses envolées
Dans le vent, à la mer s’en sont toutes allées.
Elles ont suivi l’eau pour ne plus revenir ;

La vague en a paru rouge et comme enflammée :
Ce soir, ma robe encore en est tout embaumée…
Respires-en sur moi l’odorant souvenir.

Marceline Desbordes-Valmore, « Les roses de Saadi », Poésies de 1830.