Thymus

Auteur : Julien Blaine

Thymus

Il s’agit ici d’essayer de retrouver une mémoire originelle, une genèse individuelle, une spiritualité naturelle, initiale. « Alors, alors seulement, aller vers ma propre mémoire… Celle de mes ancêtres proches, puis de mes parents immédiats, enfin celle des malades, invalides ou handicapés de ma famille… Or, essayer de retrouver mes propres mémoires, les miennes, les vraies, les crues, les possibles, les fausses… En désordre et au hasard de vieilles photographies, de diverses variantes et de remords impromptus, d’hommages, de délires et de quelques références, notes et croquis… Explorer toutes mes manières et développer mes ruses pour éviter mon rien-à-dire. » Thymus est une expérience importante à la croisée de différentes expériences d’écriture, entre la performance (soulignée par une importante iconographie), la poésie visuelle, le journal poétique et l’autobiographie. Cette fois, Julien Blaine s’attaque frontalement à l’autobiographie, dans un ouvrage audacieux qui fait le lien entre différents aspects du poème et s’interroge sur la conception même de la poésie dans la société. Un livre bilan sur une pratique résolument engagée en faveur de la poésie sous toutes ses formes. Une réflexion sur la mémoire face à la création.

Paru le 1er mai 2014

Éditeur : Le Castor Astral

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Alejandro Jodorowsky

C’est comme ouvrir un menhir avec les mains

Cessez de chercher, vous êtes la porte
et les gardiens qui en interdisent l’accès.
Chaque pas vous éloigne du nombril
chimères assoiffées d’aventure.
Vous croyez que le mariage vous libère de la mort
ou que l’argent vous marque dans la hiérarchie divine.
Cessez de chercher, la conscience est le philtre magique,
L’œil capable de rejoindre les orbites vides de Dieu
traversant la mort. Personne ne se rencontre soi-même
en parcourant les mers ou en explorant les cavernes.
C’est difficile, comme ouvrir un menhir avec les mains
car notre âme est plus dure que la pierre.

Alejandro Jodorowsky, Traduit de l’espagnol (Chili) par Martin Bakero et Emmanuel Lequeux
dire ne suffit pas, no basta decir, Le Veilleur Éditions, 2003.