Thierry Bouchard

C’est dans l’esprit de Guy Levis Mano qui, écrivait-il en 1981, s’était "toujours attaché à soigneusement confondre les deux rôles" d’éditeur et de typographe, que Thierry Bouchard inscrit son travail. En 1977, il réalise ses trois premiers grands formats associant poètes et peintres : Michel Butor et Pierre Alechinsky, Charles Juliet et Michel Carrade, Yves Bonnefoy et Bram Van Velde. D’autres livres suivront : Genèse, de Lorand Gaspar et Zao Wou-Ki et La Nourriture du bourreau, d’André Frénaud et Antoni Tapiès…

Sous le pseudonyme de Jean-Baptiste Lysland, Thierry Bouchard publie ses propres poèmes : L’Ecriture de l’été, Treize poèmes du fleuve et du passage… Comme l’écrit le critique d’art Alain Paire, "de grands amateurs, des collectionneurs et des amis ont passionnément suivi sa trajectoire qui resta plus ou moins secrète".

Trois cent sept livres sortiront de ses presses. Avant de mourir, il avait appris que le Musée Gutenberg de Mayence avait programmé une rétrospective de son oeuvre pour 2009." Partick Kechichian, le Monde, 2008

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Losnes

Poème
de l’instant

Charles Cros

Sonnet

Moi, je vis la vie à côté,
Pleurant alors que c’est la fête.
Les gens disent : « Comme il est bête ! »
En somme, je suis mal côté.

J’allume du feu dans l’été,
Dans l’usine je suis poète ;
Pour les pitres je fais la quête.
Qu’importe ! J’aime la beauté.

Beauté des pays et des femmes,
Beauté des vers, beauté des flammes,
Beauté du bien, beauté du mal.

J’ai trop étudié les choses ;
Le temps marche d’un pas normal ;
Des roses, des roses, des roses !

Charles Cros, « Sonnet », Le Collier de griffes.