Théodore Agrippa d’Aubigné

Théodore Agrippa d’Aubigné naît le 8 février 1552 à Saint-Maury, près de Pons, en Saintonge.

Théodore est le fils de Jean d’Aubigné, juge d’origine roturière, et de Cathérine de L’Estang, issue de la petite noblesse et morte en couche. Théodore doit cet ajout d’« Agrippa » à cet accouchement difficile (aegre partus). Baptisé dans la religion catholique, il a toutefois été élevé selon les principes calvinistes devenus ceux de son père. Ce dernier, en avril 1560, à la suite des opérations de la conjuration d’Ambroise sous les ordres de Tanneguy du Bouchet, dit Saint-Cyr, aurait fait jurer à son fils de venger la mort de ses compagnons protestants.

Très jeune, Théodore apprend le latin, le grec mais également l’hébreu. En 1562, il est envoyé à Paris par son père, pour étudier auprès de Mathieu Béroalde. Deux mois plus tard, lorsque la guerre est déclenchée, Agrippa et son professeur, en tant que protestants, sont contraints de quitter la ville. Ils arrivent finalement à rejoindre Montargis, où les accueille Renée de France, duchesse de Chartres et fille cadette de Louis XII.

Quelques mois plus tard, ils rejoignent Orléans où Théodore contracte la peste. Une fois guéri, il assiste au siège d’Orléans durant lequel il perd son père.

En 1565, Théodore est envoyé à Genève, sous la protection du professeur humaniste et protestant Théodore de Bèze. L’année suivante, il est contraint une nouvelle fois de fuir la ville, cette fois-ci pour une histoire de mœurs à la fin de laquelle son condisciple Bartholomé Tecia est exécuté par noyade. Lorsque la deuxième guerre de religion éclate en 1567, alors qu’il n’est âgé que de 15 ans, Théodore s’engage sans hésiter dans l’armée protestante.

Peu de temps après le massacre de la Saint-Barthélemy, datant du 24 août 1572, Théodore décide de retourner à la cour de France où il rencontre le roi de Navarre, futur Henri IV et où il devient écuyer, à vingt-et-un ans à peine.

Apprécié à la cour pour son intelligence, Théodore fait figure de courtisan accompli. Il aurait également fait partie de l’Académie de musique et de poésie dont le siège est situé au Palais du Louvre. Très imaginatif et jamais à cours de bons mots, il invente sans cesse des divertissements et se fait connaître comme expert en magie. Le 4 février 1576, il fait partie des compagnons du roi de Navarre lorsque celui-ci fuit la cour.

Toutefois, les bonnes relations entre Théodore et le futur roi se ternissent un peu, et de nombreuses querelles voient le jour, principalement en raison d’un différend sur la cause protestante. En 1577, après la signature de la paix à Poitiers, c’est résolu que Théodore quitte une première fois son maître.

C’est lorsqu’il se retire sur ses terres aux Landes-Guinemer, après avoir été grièvement blessé à Casteljaloux, qu’il s’adonne à l’écriture. Les premières « clauses » de son poème épique « Les Tragiques » lui seraient apparues à Casteljaloux, entre la vie et la mort.

Ce n’est qu’en 1579 que Théodore retourne à la cour, mais ses relations, notamment avec la reine Marguerite de Valois, ainsi qu’avec Diane d’Andoins, maîtresse du roi, sont très compliquées. En 1583, Théodore épouse Suzanne de Lusignan de Lezay.

En 1586, suite à la victoire, à laquelle il participe, d’Henri sur l’armée royale, Théodore est nommé maréchal de camp, puis gouverneur d’Oléron et de Maillezais. Toutefois, en 1593, l’abjuration d’Henri IV est ressentie comme une véritable trahison qui l’incite à définitivement, surtout après l’assassinat d’Henri IV en 1610, quitter la cour. Théodore et Henri IV ne se doutaient pas que leurs petits-enfants respectifs, Louis XIV et Françoise d’Aubigné, s’uniraient en 1683…

En 1611, Théodore, élu pour le Poitou, ridiculise le parti des « Prudents » dans Le Caducée ou l’Ange de la paix. C’est à cette période qu’il reprend l’écriture de ses œuvres en particulier des « Tragiques ».

En 1620, il quitte la France après une querelle avec son fils Constant, converti au catholicisme, et rejoint Genève où il épouse Renée Burlamacchi, petite-fille du Lucquois Francesco Burlamacchi, et où il meurt le 9 mai 1630.

Bibliographie

  • Écrits politiques, Éditions Honoré Champion, 2007.
  • L’hécatombe à Diane, Presse Universitaire de Saint-Étienne, 2007.
  • Les Tragiques, Éditions Flammarion, 2006.
  • Petites œuvres meslees, Éditions Honoré Champion, 2004.
  • La Responce de Michau l’aveugle, suivie de La réplique de Michau l’aveugle, Éditions Honoré Champion, 1996.
  • Les Tragiques, Éditions Gallimard, 1995.
  • Sa Vie à ses enfants, Nizet, 1986.
  • Histoire universelle, Droz, 1981-2000.
  • Les Aventures du baron de Faeneste, Nendeln, Kraus Reprint, 1972.
  • Œuvres, Éditions Gallimard, La Pléiade, 1969.
  • Petites œuvres meslées du sieur d’Aubigné (1630), Aubert, 1968
  • Le Printemps : l’hécatombe à Diane et Les stances (1873-1892), Presses universitaires de France, 1960.
  • Mémoires de Théodore Agrippa d’Aubigné, Charpentier éditeur, 1854.
  • Hécatombe à Diane, recueil de sonnets.

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