Tes pieds je les touche dans l’ombre

Auteur : Pablo Neruda

Tes pieds je les touche dans l'ombre

"Obscure est la nuit du monde sans toi mon amour,
et c’est à peine si j’aperçois l’origine, à peine si je comprends le langage,
avec difficulté je déchiffre les feuilles des eucalyptus."
P. Neruda
Traduit par Jacques Ancet

Découvert à l’occasion d’un minutieux travail de catalogage des manuscrits et tapuscrits originaux, ces poèmes ont d’ores et déjà créé l’événement : avant même qu’ils soient traduits en France, la nouvelle de leur publication en espagnol puis en anglais a été relayée par la presse internationale. Pourquoi cette ferveur, plus de quarante ans après la mort du poète ? Parce que Pablo Neruda demeure l’une des voix les plus populaires de langue latino-américaine et qu’il incarne, aux yeux de chacun, une figure immuable de la poésie de combat. Écrits entre 1956 et 1973, période de maturité du poète, et contemporains de La Centaine d’amour et du Mémorial de l’île noire, ces textes se présentent de façon modeste, comme des fragments, souvent griffonnés à l’encre verte sur des brochures, des menus, des prospectus (reproduits en fin de recueil dans un carnet de fac-similés de trente pages en couleurs).

Paru le 1er mars 2016

Éditeur : Seghers

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Carl Norac

Avant de tout dire

Toute la beauté du monde, je ne peux pas te la dire. Mais rien ne m’empêche d’un peu l’approcher avec toi.

Il y a de si grands murs qui cachent les jardins, des dépotoirs au bord des plages, des ghettos dans des îles, tant de blessures aux paysages.

Par bonheur, un peu de splendeur demeure alentour et le dire, même tout bas, par amour, c’est croire encore qu’un jour, nous irons la trouver, toute la beauté du monde.

Carl Norac, « Avant de tout dire », Le livre des beautés minuscules, Éditions Rue du Monde.