Terre exacte

Auteur : Esther Tellermann

Terre exacte

Terre exacte est donc le septième recueil d’Esther Tellermann. On a pu dire que son projet poétique s’identifiait à celui d’un long récit, dont chaque séquence déterrerait un chapitre inédit, un tesson invisible ou enfoui. Les quatre parties qui composent Terre exacte - oscillant entre l’énigme du mythe et la violence du présent - ne dérogent évidemment pas à cette règle. Mais l’on s’aperçoit, à voir l’auteur s’avancer plus décisivement de livre en livre vers cette contrée tangible qui la hante - terre des morts et des vivants dont l’ombre resurgit au détour de ses strophes -, que c’est un portrait aussi qu’elle dessine, plus intérieur (ou plus intime). Et qui donne à sa poésie cette couleur singulière, d’argile ou de terre cuite, rehaussée ça et là d’un éclat d’or, d’une touche d’azur ou d’écarlate.
L’heure est peut-être venue, à l’occasion de Terre exacte, de remettre en perspective l’ensemble de cette oeuvre dont l’écho va croissant - comme sont venues en témoigner ces dernières années diverses études et plusieurs traductions.

Paru le 1er mars 2007

Éditeur : Flammarion

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Marie de France

Lais

Tous deux comme est le chèvrefeuille
qui grimpe autour du coudrier ;
sitôt qu’ils se tiennent enlacés
il n’est plus de tronc ni de feuilles,
et peuvent alors vivre à jamais.
Mais si l’on veut les séparer,
du coudrier c’en est fini,
soudain du chèvrefeuille aussi.
« Belle amie, ainsi va de nous :
ni vous sans moi, ni moi sans vous ! »

Marie de France, Lais, "Le Lai du Chèvrefeuille", Traduction inédite du Printemps des Poètes.