TRIPTYQUE DE L’AUBE d’Irène DUBŒUF

illustrateur : Peintures de Michel Verdet

Écrit en demi-teintes, le Triptyque de l’aube est un recueil « d’une grande sensibilité » comme le note Philippe Jaccottet dont les vers figurent en épigraphe. Si le thème de la mort occupe la partie centrale de cette suite poétique, la vie y règne de part et d’autre et c’est dans une nature métaphorique que l’auteure, à l’appel de l’aube, nous invite à « faire le tour du monde ou de soi-même ». Un voyage sans cesse renouvelé, entre ombre et lumière, entre ce qui n’est plus et qui n’est pas encore, au cours duquel rien n’est jamais sûr. « Parce que la vie est un pacte avec l’inconnu / vivre est un acte d’amour absolu ». À la densité des idées s’oppose la fluidité des textes, une écriture au plus proche des perceptions, où se succèdent aphorismes et poèmes dont la longueur s’amenuise à l’image de la mémoire « usée comme une meule sous la lame du temps » pour se terminer par un poème aussi bref qu’un haïku où se condense toute la problématique contenue dans le recueil : « Une branche en fleur / sur un arbre mort / secret de printemps ».

Paru le 1er septembre 2013

Éditeur : Voix d’encre

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Louis Aragon

L’amour qui n’est pas un mot

Ma vie en vérité commence
Le jour que je t’ai rencontrée
Toi dont les bras ont su barrer
Sa route atroce à ma démence
Et qui m’as montré la contrée
Que la bonté seule ensemence

Tu vins au cœur du désarroi
Pour chasser les mauvaises fièvres
Et j’ai flambé comme un genièvre
À la Noël entre tes doigts
Je suis né vraiment de ta lèvre
Ma vie est à partir de toi

Louis Aragon, « L’amour qui n’est pas un mot », Le roman inachevé, Éditions Gallimard.