Stanislas Rodanski, une folle volontaire

Stanislas Rodanski, une folle volontaire

d’Alain Jouffroy, collection JMP/Poésie.

« Par snobisme de l’absolu, Bernard Glücksmann a fait de Stanislas Rodanski un mythe, qui n’est pas seulement personnel mais se veut éternel, entre El Desdichado de Nerval et ce qu’il appelait les Ratés de l’Aventure. » Bernard Glücksmann est le véritable nom de Rodanski, que ses amis et lecteurs connaissent aussi sous le nom de Lancelo ou encore Tristan. « Absolument moderne » Rodanski a longtemps traqué la « femme-fatale » et a fait de sa vie un roman policier, d’un genre inclassable, à l’image de son texte La victoire à l’ombre des ailes. Cette modernité et cette marginalité sont présentes dans le texte d’Alain Jouffroy. Ami intime de Rodanski – ils ont partagé une chambre rue du Dragon – l’auteur de l’essai relate cette « amitié plus que singulière » faite d’envoûtement mutuel avec un homme dont l’identité « était imaginaire ».
Suivi d’une anthologie comprenant plusieurs inédits, le texte d’Alain Jouffroy est d’une force rare, on le sent habité par l’âme de Rodanski, qui est « toujours là, derrière et devant toutes les portes-fenêtres ».

Né à Lyon en 1927, Stanislas Rodanski publie la première revue surréaliste d’après-guerre : Néon, mais est vite expulsé du groupe de Breton, pour « travail fractionnaire ». Rejeté par sa famille et par les surréalistes, il se trouve dans un vide absolu et entre bientôt en « folie volontaire ». Il va passer les vingt-sept dernières années de sa vie enfermé, en prison et surtout à l’asile psychiatrique de l’hôpital Saint-Jean-de-Dieu à Lyon.

Claude Tarnaud, ami de Rodanski et de Jouffroy, écrit dans les années 40 : « l’acte le plus scandaleux est de se taire. » Alain Jouffroy a fait sienne cette devise et a publié en tout 120 livres, et notamment Le temps d’un livre qui retranscrit ses rapports avec Rodanski.

Paru le 1er juin 2002

Éditeur : Jean-Michel Place

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Les Amours tragiques de Pyrame et Thisbé

Je suis d’un naturel à qui la résistance
R’enforce le désir, l’espoir et la constance.

Théophile de Viau, Les Amours tragiques de Pyrame et Thisbé, 1623.