Sous le seuil de Jean-Louis Giovannoni

Sous le seuil de Jean-Louis Giovannoni

Qu’est-ce qui se dissimule sous le seuil ? Réalités nichées dans les interstices, vies minuscules qui se tiennent à côté de nous, imperceptibles et silencieuses. Nuisibles, envahisseurs, Jean-Louis Giovannoni explore l’espace de nos rejets en une succession de tableaux où la vie des insectes et celle des hommes sont posées sur un même plan. Il se déploie une vision superfocalisée de nos mondes intérieurs, qui fourmillent de ce qu’on refuse de voir, par dégoût ou par peur d’une vermine, de la lente décomposition du temps qui passe. Dans cette dilution de l’identité, où toutes vies ont même valeur, depuis l’araignée qui tisse sa toile à la blatte qui pond ses œufs, en passant par les coïts juxtaposés de jeunes adolescents et de mantes religieuses, le texte peu à peu déplace de façon bouleversante notre rapport aux limites de notre incarnation. Nos gestes n’ont pas plus de sens au final que celui de ces nuisibles qui semblent agir par pur instinct, et leur violence, leur rapport à la mort, peut-être plus doux que le nôtre, ne se débarrasse pourtant jamais de la cruauté. Dans ce récit polyphonique, Jean-Louis Giovannoni déplie notre conscience du vivant, développe le tableau sans morale d’existences multipliées.

Paru le 1er mars 2016

Éditeur : Unes

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Momin Latif

AVIS À L’AMOUREUX

Ne sors pas dans la rue
L’âme trop visible
Sur tes yeux
On devinera ton cœur
Qui bat
Ton foie gorgé de sang
Tes entrailles qui frémissent
Tu feras rire les enfants
Tu rencontreras peut-être
Le fauve
Que tu aimes tant
Ne lui fais pas peur
Ne sors pas dans la rue

Momin Latif, Peut-être moi, Dumerchez, 2007.