Sous le lichen du temps de Joëlle Gardes

Sous le lichen du temps de Joëlle Gardes

Photographies de Patrick Gardes

C’est une double promenade que nous propose ce recueil, à travers les jardins et à travers le souvenir. C’est sur un mode discontinu, dans une écriture dépouillée, presque minimaliste et sans pathos, comme dans une confidence à mi voix, que ces textes égrènent ce thème du temps qui recouvre tout de sa patine comme le lichen enfouit l’écorce vive sous sa mousse.

Ce sont des haltes méditatives dans ces « jardins de toute sorte », changeants au fil des saisons, et qui, dans leur exubérance comme dans leur agencement savant, incarnent la vie, sa puissance renaissante au delà d’une mort personnelle à accepter avec sérénité.

Comme dans ses précédents recueils, Joëlle Gardes creuse les sillons de la mémoire, la sienne et celle du monde, ici incarné par les jardins, dans une méditation discrètement lyrique et nostalgique en quête de réconciliation.
Les photographies abstraites de Patrick Gardes, qui accompagnent ces courts poèmes sans les illustrer, ne les redoublent pas mais sont des incitations à poursuivre la rêverie douce amère à laquelle ils nous convient.

Paru le 1er octobre 2014

Éditeur : L’Amandier

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Valère Novarina

Chronophobie

Ici-bas dans la tourmente, il danse
Écoutez mes aïeux :
Je danse à la gueule de dieu

Traçant une ligne invisible
Entre n’être et naître pas
Entre naître et n’être pas
J’ai vécu vaille que vaille
Tout au fond d’l’univers
Le réel m’a pris en tenaille
Je danse à cœur ouvert

Le jour venu, mon âme d’animal
Si vous la trouvez en moi
Portez-la dans le sein d’Abraham !

Mai 2019, Valère Novarina, extrait de Chronophobie, poème inédit confié au Printemps des Poètes pour la 11e édition du Prix Andrée Chedid du Poème Chanté.