Sainte-Beuve

Sainte-Beuve, de son nom complet Charles-Augustin Sainte-Beuve, naît le 23 décembre 1804 à Boulogne-sur-Mer.

Orphelin de père dès sa naissance, Sainte-Beuve est élevé par sa mère et une tante paternelle, également veuve. De 1812 à 1818, le jeune Sainte-Beuve est élève à l’institution Blériot de Boulogne-sur-Mer. À partir de 1818, il part suivre des cours à l’institution Landry, avant d’assister au cours du collège Charlemagne, puis du collège Bourbon, où il a pour professeur Paul-François Dubois.

En 1822, alors âgé de 18 ans, il remporte le premier de poésie latine au Concours général. Après l’obtention de son baccalauréat ès lettres le 18 octobre 1823, il s’inscrit à la faculté de médecine. Trois années plus tard, alors qu’il vient tout juste d’être nommé externe à l’hôpital Saint-Louis, il abandonne la médecine pour se consacrer entièrement aux Lettres. Il débute, dès 1827, par la publication d’une critique élogieuse des Odes et ballades de Victor Hugo. Les deux hommes se rencontrent et se lient rapidement d’amitié.

Ensemble, ils assistent aux réunions du Cénacle de Charles Nodier à la Bibliothèque de l’Arsenal. Sainte-Beuve entame également une relation avec Adèle Foucher, l’épouse d’Hugo.

Le 20 septembre 1830, Sainte-Beuve, de caractère, entame un duel avec Paul-François Dubois, l’un des propriétaires du journal Le Globe. Quatre balles sont échangées mais aucun des deux hommes n’est blessé.

Les premières publications romanesques de Sainte-Beuve sont un échec. Celui-ci va donc se lancer dans l’étude à proprement parler littéraire. À partir de novembre 1837, il donne des cours à l’Académie de Lausanne sur l’histoire de l’abbaye de Port-Royal des Champs, de son origine à sa destruction. De ces cours, applaudis, il rédige un livre intitulé Port-Royal, en cinq volumes, et qui paraît en 1840 et 1859. De nos jours encore, certains historiens qualifient cet ouvrage de « tentative d’histoire totale ».

Le 14 mars 1844, Sainte-Beuve est élu à l’académie, prenant le fauteuil de Casimir Delavigne. Il est reçu un an plus tard par Victor Hugo qui, dit-on, aurait voté onze fois contre lui. La relation avec ce dernier est à cette période déjà quelque peu tendue. Hugo, dans ses carnets de 1876, écrit : « Sainte-Beuve n’était pas poète et n’a jamais pu me le pardonner. »

En 1848-1849, il part à Liège pour y donner quelques cours, notamment à Chateaubriand et son groupe littéraire. Ces cours seront plus tard publiés.

L’année 1852 marque un tournant majeur dans la vie de Sainte-Beuve. Se ralliant, à la différence d’Hugo, au Second Empire, il est souvent chahuté lors de ses cours ou conférence. Le 13 décembre 1855, il obtient une chaire de poésie latine au Collège de France. Sa leçon, tout comme les autres qui la suivirent, est si perturbée que Sainte-Beuve est contraint de demander sa démission dès le 20 mars 1856. Un an plus tard, il est nommé maître conférence à l’École Normale Supérieure.

À partir du 28 avril 1865, il est nommé Sénateur sous l’Empire libéral. Il le restera jusqu’à sa mort.

Sainte-Beuve meurt le 13 octobre 1869 à Paris. Il est inhumé au cimetière du Montparnasse.

Bibliographie

Poésie

  • Poésies complètes, 1863.
  • Livre d’amour, 1843.
  • Pensées d’août, 1837.
  • Les Consolations, 1830.
  • Vie, poésies et pensées de Joseph Delorme, 1829.

Romans et nouvelles

  • La Pendule, 1880.
  • Le Clou d’or qu’il dédia à Sophie de Bazancourt, femme de lettres et épouse du général François Aimé Frédéric Loyré d’Arbouville.
  • Christel, 1839.
  • Madame de Pontivy, 1839.
  • Volupté, 1834.

Critiques et Histoires

  • Mes poisons, carnet secret édité à titre posthume, 1926.
  • Portraits allemands, Berlin : Internationale Bibliothek, 1923.
  • Les cahiers de Sainte-Beuve, 1876.
  • Chroniques parisiennes, 1843-1845 et 1876.
  • P.-J. Proudhon, 1872.
  • M. de Talleyrand, 1870.
  • Madame Desbordes-Valmore : sa vie et sa correspondance, 1870.
  • Le Général Jomini, 1869.
  • Chateaubriand et son groupe littéraire, 2 volumes, 1860.
  • Étude sur Virgile, 1857.
  • Premiers lundis, 3 volumes, 1874-75.
  • Nouveaux lundis, 13 volumes 1863-1870.
  • Causeries du lundi, 16 volumes, 1851-1862.
  • Portraits de femmes, 1844 et 1870.
  • Portraits contemporains, 5 volumes, 1846 et 1869-71.
  • Portraits littéraires, 3 volumes, 1844 et 1876-78.
  • Port-Royal, 5 volumes, 1840-1859.
  • Tableau historique et critique de la poésie française et du théâtre français au xvie siècle, 2 volumes, 1828.