Saint-Pol-Roux et l’inconnu

Saint-Pol-Roux et l'inconnu

Ce documentaire de 52 min a reçu le label "Sélection du printemps des poètes"

"Je vis dans cinquante ans", prévoyait Saint-Pol-Roux, poète symboliste décédé à Brest en 1940, qui a ouvert la voie à toute une littérature contemporaine. André Breton et beaucoup d’autres considéraient SPR comme leur maître, pourtant le grand public ignore toujours son œuvre.

A raison d’un recueil par an depuis 1970, René Rougerie, éditeur indépendant, s’est consacré à remettre à disposition des lecteurs les œuvres éditées du vivant du poète de 1880 à 1912, mais aussi, et en nombre plus conséquent, des œuvres inédites, de 1912 à 1940, mises en lambeaux lors d’un drame qui précipita la mort du poète.

Un dernier recueil de chansons populaires viendra cette année 2005 clore l’édition complète de l’œuvre du poète, 65ans après sa mort.

En Bretagne, aujourd’hui, le manoir en ruine du poète de même que son œuvre en miette, sont les symboles d’une destinée, comme le qualifiera Paul Eluard, " d’un être ayant eu le courage de se livrer entièrement au monde parfait de ses rêves ".

La caméra se fait subjective pour embarquer le spectateur dans une enquête : visions parcellaires, les plans se resserrent pour finir par se poser face à ceux qui détiennent la clé d’un mystère qui lie le poète avec l’une de ses œuvres : La Dame à la Faulx.

Paru le 1er mars 2007

Éditeur : Candela productions

Genre de la parution : DVD

Poème
de l’instant

Lorand Gaspar

Approche de la parole

Le poème n’est pas une réponse à une interrogation de l’homme ou du monde. Il ne fait que creuser, aggraver le questionnement. Le moment le plus exigeant de la poésie est peut-être celui où le mouvement (il faudrait dire la trame énergétique) de la question est tel - par sa radicalité, sa nudité, sa qualité d’irréparable - qu’aucune réponse n’est attendue plutôt, toutes révèlent leur silence. La brèche ouverte par ce geste efface les formulations. Les valeurs séparées, dûment cataloguées, qui créent le va-et-vient entre rives opposées sont, pour un instant de lucidité, prises dans l’élan du fleuve. De cette parole qui renvoie à ce qui la brûle, la bouche perdue à jamais.

Approche de la parole,
Éditions Gallimard, 1978.