S’emparer de Jean-Louis Giovannoni

S'emparer de Jean-Louis Giovannoni

Texte en confrontation avec Des Monstres et Prodiges d’Ambroise Paré

A la suite de Christian Prigent, Sabine Macher et jean-Pascal Dubost, Jean-Louis Giovannoni a accepté à son tour de se confronter à un texte du médecin et écrivain du XVIe siècle Ambroise Paré.

Des Monstres et Prodiges (1575) est un traité qui s’inscrit au sein d’un monumental ouvrage de médecine et de chirurgie très souvent réédité jusqu’au XVIIe siècle. L’essai, qui propose une classification et une "explication" de l’origine des différents "monstres", se révèle également d’une grande charge poétique, participant d’une méditation plus générale sur la différence et l’altérité. C’est cette dimension qui a retenu l’attention de Jean Giovannoni, répérant et explorant cette altérité au sein même du sujet écrivant : l’être intérieur est scindé en plusieurs composantes qui s’affrontent ou s’ignorent superbement, démultipliant les voix, et les formes d’écriture, au sein du texte contemporain.

Jean-Louis Giovannoni
est né en 1950. Il vit à Paris où il est assistant social dans un hôpital psychiatrique. Derniers ouvrages parus Journal d’un veau : roman intérieur (L. Scheer, 2005), Danse dedans (Prétexte, 2005), Le lai du solitaire : romain intérieur (L. Scheer, 2005), Jean-Luc Parant, traité de physique parantale (J.-M. Place, 2006)

Paru le 12 septembre 2007

Éditeur : 1 : 1 éditions

Genre de la parution : Essai

Poème
de l’instant

Charles Cros

Sonnet

Moi, je vis la vie à côté,
Pleurant alors que c’est la fête.
Les gens disent : « Comme il est bête ! »
En somme, je suis mal côté.

J’allume du feu dans l’été,
Dans l’usine je suis poète ;
Pour les pitres je fais la quête.
Qu’importe ! J’aime la beauté.

Beauté des pays et des femmes,
Beauté des vers, beauté des flammes,
Beauté du bien, beauté du mal.

J’ai trop étudié les choses ;
Le temps marche d’un pas normal ;
Des roses, des roses, des roses !

Charles Cros, « Sonnet », Le Collier de griffes.