S’éclipser d’Aliette Griz

S'éclipser d'Aliette Griz

En une succession de tableaux apparemment légers sur les rapports homme-femme, une jeune mannequin revient sur la relation qu’elle a eue avec un politicien pendant près d’une année. Une passion. Un coup de coeur. Jusqu’à ce qu’elle décide de s’en aller, aliénée par cette vie dans les plis et le caractère autocentré d’un compagnon qui ne la considère pas (je voyais bien que tu faisais un immense effort pour mettre ton intelligence à ma portée), et qu’elle se mette à démonter, bloc après bloc, ce truc un peu intime et vaguement fantasmé qui s’appelle le couple. Un premier roman brillant, qui marque l’avènement d’un style et qui, sous son petit air superficiel, nous remue en réalité à l’endroit où il importe de l’être : en notre humanité.
Née en France avant l’internet mais expatriée par à-coups, Aliette Griz est installée à Bruxelles, qui lui a inspiré sa première publication : C’est tramatique, paru aux Éditions MaelstrÖm en 2013. Elle aime bloguer à plusieurs et écrire seule (ou le contraire). Le mardi, elle tweete pour les Midis de la poésie. Certains soirs, elle fait partie du Collectif Mots de passe. Elle éprouve chaque jour la satisfacpression d’être une femme de ce monde.

http://aliettegriz.org/

Paru le 1er mars 2015

Éditeur : L’arbre à paroles Maison de la Poésie d’Amay

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Gérard de Nerval

« Vers dorés »

Homme ! libre penseur – te crois-tu seul pensant
Dans ce monde où la vie éclate en toute chose :
Des forces que tu tiens ta liberté dispose,
Mais de tous tes conseils l’Univers est absent.

Respecte dans la bête un esprit agissant…
Chaque fleur est une âme à la Nature éclose ;
Un mystère d’amour dans le métal repose :
Tout est sensible ; – et tout sur ton être est puissant !

Crains dans le mur aveugle un regard qui t’épie :
À la matière même un verbe est attaché…
Ne la fais point servir à quelque usage impie.

Souvent dans l’être obscur habite un Dieu caché ;
Et, comme un œil naissant couvert par ses paupières
Un pur esprit s’accroît sous l’écorce des pierres.

Gérard de Nerval, 1808-1855, « Vers dorés ».