Rue des promenades

Au matin suspendu

1er décembre 2012

Au matin suspendu

La force de gravitation,
L’attraction terrestre
C’est de l’amour.
C’était donc pour mourir, tant d’élan pour aimer ?
Alexis Bernaut a des histoires à nous raconter. Leurs points de départ, qui sont aussi leurs points de chute : le XXe siècle, la ville.
Dans ces histoires, il y a du métal et des hommes, des rêves et des cauchemars. Ce sont des histoires de fantômes, les siens, les nôtres. Une poésie pour dépendre le matin. Un recours au passé pour conjurer (…)

Poème
de l’instant

Charles Baudelaire

Petits poèmes en prose

Votre œil se fixe sur un arbre harmonieux courbé par le vent ; dans quelques secondes, ce qui ne serait dans le cerveau d’un poëte qu’une comparaison fort naturelle deviendra dans le vôtre une réalité. Vous prêtez d’abord à l’arbre vos passions, votre désir ou votre mélancolie ; ses gémissements et ses oscillations deviennent les vôtres, et bientôt vous êtes l’arbre. De même, l’oiseau qui plane au fond de l’azur représente d’abord l’immortelle envie de planer au-dessus des choses humaines ; mais déjà vous êtes l’oiseau lui-même.

Charles Baudelaire, Petits poèmes en prose, « Le Théâtre de Séraphin », 1868.