Ronde des convers d’ Eugenio De Signoribus

Ronde des convers d' Eugenio De Signoribus

Poèmes. Édition bilingue.
Traduction de l’italien, annotation et postface de Martin Rueff.
Préface d’Yves Bonnefoy.
En librairie le 8 novembre 2007
192 pages
20 €
ISBN : 978-2-86432-519-2

La « ronde » désigne l’ensemble des humains pris dans leur voyage. Comme des enfants, ils font la ronde, formant un cercle dont le centre est absent.
La nudité de cette poésie est celle de l’homme moderne, abandonné à lui-même. Elle dit d’abord que la plus grande abstraction ne s’obtient pas en tournant le dos à l’histoire mais en y plongeant corps et bien sans l’espoir d’une issue dans un autre monde. Que dire des migrants ? Des victimes des guerres modernes ? Des enfants des conflits ? Et que leur dire ? Le poème doit trouver alors un dire à la hauteur de l’horreur. Il ne consiste ni à nous faire habiter le monde, ni à le fuir, ni à l’orner, ni à l’abhorrer. L’exposer : voilà la tâche du poème.
Le livre se déploie sur trois portées : politique, religieuse et poétique que le lecteur est invité à tenir ensemble.
Paru en Italie en 2006 et salué par la critique comme un véritable chef-d’œuvre, Ronde des convers est le premier recueil d’Eugenio De Signoribus publié en France.

Paru le 1er octobre 2007

Éditeur : Verdier

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Lorand Gaspar

Approche de la parole

Le poème n’est pas une réponse à une interrogation de l’homme ou du monde. Il ne fait que creuser, aggraver le questionnement. Le moment le plus exigeant de la poésie est peut-être celui où le mouvement (il faudrait dire la trame énergétique) de la question est tel - par sa radicalité, sa nudité, sa qualité d’irréparable - qu’aucune réponse n’est attendue plutôt, toutes révèlent leur silence. La brèche ouverte par ce geste efface les formulations. Les valeurs séparées, dûment cataloguées, qui créent le va-et-vient entre rives opposées sont, pour un instant de lucidité, prises dans l’élan du fleuve. De cette parole qui renvoie à ce qui la brûle, la bouche perdue à jamais.

Approche de la parole,
Éditions Gallimard, 1978.