Robert Maillard

Robert Maillard, né le 20 décembre 1924 à Dijon, mort à Paris le 14 mars 2011.
Son éducation dès l’âge de quatre ans chez les jésuites, à Dôle, une éducation spartiate sur le plan disciplinaire mais très riche sur le plan intellectuel, l’a doté d’une « armature » à toute épreuve.
Septembre 1939 : la guerre est déclarée. C’est l’exode, puis le retour à Dijon. Il n’ira plus chez les jésuites ; plus question de religion. Avec son baccalauréat en poche, il s’inscrit à la faculté des Lettres, où les premiers cours de latin portent sur la reconstitution de vers perdus d’un illustre inconnu, ayant pour thème le retour à la terre. Sa réaction ne tarde pas : il ne mettra plus les pieds dans cette faculté et étudiera seul, (grâce aux emprunts d’ouvrages à la Bibliothèque municipale) tout ce qui l’intéresse, de la civilisation égyptienne aux arts plastiques, en passant par la littérature, le théâtre, le cinéma. Il passe donc un accord avec sa mère (veuve depuis 1938 et qui n’est pas riche), par lequel il promet de gagner sa vie dès que possible. Promesse tenue.
Ainsi, durant quelques années, il travaille chez lui le matin et reçoit, l’après-midi, une petite bande de copains amoureux de littérature et de poésie. Lorsque les échanges ne suffisent pas, il fait des synthèses, dicte un « exposé » improvisé sur Baudelaire, Gide, Fargue ou Joyce.
Un jour, il lit dans la NRF quatre vers d’un poète nommé Robert Ganzo. C’est le coup de foudre. Il lui écrit aussitôt, reçoit une réponse tardive, et ce sera le départ d’une relation de maître à disciple, qui deviendra presque quotidienne lorsque le disciple viendra habiter à Paris dès la fin de la guerre. Commence alors sa vie de travailleur (salarié seulement en 1950) dans l’édition.
Toutefois, c’est la poésie qui ne cesse de le hanter. Le maître (Ganzo), exigeant et intransigeant, l’a certes « paralysé » durant de longues années, mais c’est un autre coup de foudre, sentimental celui-là, qui marquera le début d’une série de poèmes, dont le plus important, Errance, sera magnifiquement édité par l’Imprimerie nationale, en 1955.
Après plusieurs interruptions, les braises se rallumeront au crépuscule de cette vie hors du commun, malgré de sérieux problèmes de santé. La veille de sa mort il procède au choix définitif de textes jugés dignes par lui d’être publiés. Nous avons respecté ce choix, de même que le titre, en réalisant Proses, un vrai/faux livre que vous pouvez lire intégralement dans la rubrique « POÉSIE ».

Lire la biographie complète de Robert Maillard sur le site robert-maillard.com

Extrait

De cette aube étroite aux carrières éventrées de la nuit,
il n’est d’autre paysage, sous la frange agressive du ciel, que la terre levée de nos songes.
Ici, nul partage ne sera fait entre l’âpre beauté du jour et la passion austère qu’il engendre.
Epousant l’espace qui cède, notre désir nous portera aussi bien vers des puits couronnés de feuillages que vers des sources sans eau, où s’abîmera notre attente.
Et si, de ce désert ardent, monte une étrange ferveur, c’est que nul n’a foulé ces lieux où s’aventure notre émoi.
Tels seront les cheminements de notre errance, entre des sables rouges et des granits noirs, par mille sentiers obscurs aux raccourcis savants.
…/…
Début du poème Errance

Les poèmes de Robert Maillard peuvent être lus sur le site robert-maillard.com

Bibliographie

poésie

  • Robert Ganzo - la vie et l’œuvre du poète, préface de Bernard Mermod, Éd. Slatkine, Neuchâtel, 2009
  • Proses, poèmes écrits de 1954 à 2009, préface de Jean-Pierre Siméon, édition post mortem, 2011
  • Les sonnets à Orphée de Rainer Maria Rilke - traduction