René Char, fiction sublime

Auteur : René Char

René Char, fiction sublime

par Gilles Plazy

L’essai de Gilles Plazy n’est pas plus une biographie de René Char qu’une explication de ses œuvres. Car, si la vie du poète mérite d’être racontée, si ses textes, indéniablement énigmatiques requièrent un éclaircissement, ce n’est pas le but que se propose Plazy. Son ambition, moins universitaire, plus humaine, est tout autre. Il propose un compagnonnage, un hommage rendu à l’artiste entier qui n’a jamais opéré de dichotomie entre son statut de poète et sa nature d’homme. Char le poète n’a jamais oublié qu’il était un homme, profondément ancré dans le réel, attaché à son pays, le Vaucluse. Cependant, loin de décrire le monde tel qu’il est, Char érige au rang de mythe les souvenirs qu’il a gardés de sa région natale (où il reviendra s’installer après avoir passé quelques temps à Paris). Poète n’appartenant à aucune école, malgré quelques affinités avec les Surréalistes, Char ne cherche pas le scandale, il ne veut pas faire partie d’une " avant-garde " en rupture avec tout ce qui peut exister. Son seul souci est d’être, d’écrire au présent, de chercher une forme-sens en adéquation avec sa poésie : archaïque, originelle, existentielle. Une poésie portant les traces d’un patient travail sur le Dire du monde, le Faire du poète, l’Être de l’homme.

René Char est né en 1907 à l’Isle-sur-Sorgue. Il est âgé de onze ans, lorsque son père décède. Il tente, un temps, de travailler dans le commerce, mais ses pas le mènent déjà vers la poésie. À vingt-deux ans il écrit, en collaboration avec André Breton et Paul Éluard, Ralentir travaux. Son adhésion au mouvement surréaliste ne dure pas, mais il reste proche d’Éluard. Durant la seconde guerre mondiale il s’engage activement dans la Résistance. Après la guerre, il se consacre entièrement à son œuvre, vouant sa vie à la poésie. Il participe en 1983 à l’édition définitive de ses Œuvres complètes pour La Pléiade. Il meurt en 1988.

Prix : 11 €
Format : 12,5 x 17,7

Paru le 1er mars 2003

Éditeur : Jean-Michel Place

Genre de la parution : Essai

Poème
de l’instant

Lorand Gaspar

Approche de la parole

Le poème n’est pas une réponse à une interrogation de l’homme ou du monde. Il ne fait que creuser, aggraver le questionnement. Le moment le plus exigeant de la poésie est peut-être celui où le mouvement (il faudrait dire la trame énergétique) de la question est tel - par sa radicalité, sa nudité, sa qualité d’irréparable - qu’aucune réponse n’est attendue plutôt, toutes révèlent leur silence. La brèche ouverte par ce geste efface les formulations. Les valeurs séparées, dûment cataloguées, qui créent le va-et-vient entre rives opposées sont, pour un instant de lucidité, prises dans l’élan du fleuve. De cette parole qui renvoie à ce qui la brûle, la bouche perdue à jamais.

Approche de la parole,
Éditions Gallimard, 1978.