Quand l’amandier refleurira, anthologie de poètes algériens contemporains de langue française

Quand l'amandier refleurira, anthologie de poètes algériens contemporains de langue française

Anthologie établie par Samira Negrouche

Comme l’écrit la poète Samira Négrouche dans sa préface, cette anthologie de poésie algérienne d’expression française porte en elle « la double singularité du clandestin, celle du poète et celle de la langue qui reste malgré tout étrangère ». « Greffée, aimée ou imposée » ou encore « butin de guerre » selon l’expression de Kateb Yacine, elle porte aujourd’hui en elle « une généalogie algérienne ouverte et libérée ».
« Une nouvelle génération est bien née loin des complexes et des fantasmes » et ce sont ces voix neuves, de moins de trente ans comme celles de Mohamed Mahiout et Amine Aït Hadi que cette anthologie fait entendre aux côtés des anciens tels Djamel Amrani et Malek Alloula nés dans les années 1930, déployant la richesse d’une poésie vivante dont Samira Négrouche souligne encore la vitalité et la spécificité : « Qu’elle descende de Mohammed Dib ou de Tahar Djaout, qu’elle fasse référence à Jean Sénac, qu’elle taquine les poètes français ou arabes, qu’elle veuille insuffler graphies et sonorités arabo-berbères, elle n’en demeure pas moins le fruit d’une longue lignée de poètes algériens qui se sont égratignés les genoux et ont défriché le chemin. Et par cela, elle est susceptible d’être libre ».
Cette liberté résonne, ici, à travers onze parcours de poètes et entrouvre une porte vers cet « archipel d’oasis insoupçonnables » que cette anthologie invite à découvrir et à explorer.

Paru le 1er mai 2012

Éditeur : L’Amandier

Genre de la parution : Anthologie

Poème
de l’instant

Valère Novarina

Chronophobie

Ici-bas dans la tourmente, il danse
Écoutez mes aïeux :
Je danse à la gueule de dieu

Traçant une ligne invisible
Entre n’être et naître pas
Entre naître et n’être pas
J’ai vécu vaille que vaille
Tout au fond d’l’univers
Le réel m’a pris en tenaille
Je danse à cœur ouvert

Le jour venu, mon âme d’animal
Si vous la trouvez en moi
Portez-la dans le sein d’Abraham !

Mai 2019, Valère Novarina, extrait de Chronophobie, poème inédit confié au Printemps des Poètes pour la 11e édition du Prix Andrée Chedid du Poème Chanté.