Poésies inédites de Plinio Martini

Poésies inédites de Plinio Martini

Plinio Martini est né à Cavergno dans le canton du Tessin (Suisse) en 1923 ; il y vécut toute sa vie en y exerçant le métier d’instituteur et en y élevant une grande famille. Depuis 1979, Plinio Martini repose dans le cimetière de son village. Sa vie littéraire débuta de la poésie, amis il se fit connaître avec deux romans traduits en plusieurs langues : "Le Fond du sac " et "Requiem pour tante Domenica". Un autre livre posthume complète son oeuvre en prose "Delle Streghe e d’altra" traduit sous le titre "La Chasse aux sorcières". (Tous ses livres ont paru en français aux éditions de l’Aire). Son itinéraire poétique présenté par son fils Alessandro dans ce recueil permet de découvrir ses diverses sources d’inspiration. proche de la nature, Plinio Martini a appris à vivre et à mourir dans cette magnifique vallée sauvage qu’est la Maggia. Son art, comme son âme, est empreint de cette réalité âpre et poétique où le noisetier cherche grâce entre la pierre et l’eau.

Penser que la vie d’un homme il reste quelque chose de plus que cette trace de lièvre sur la neige presque rectiligne de la fosse d’un ruisseau à ce bosquet de noisetiers.

Paru le 1er février 2006

Éditeur : Aire

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Charles Cros

Sonnet

Moi, je vis la vie à côté,
Pleurant alors que c’est la fête.
Les gens disent : « Comme il est bête ! »
En somme, je suis mal côté.

J’allume du feu dans l’été,
Dans l’usine je suis poète ;
Pour les pitres je fais la quête.
Qu’importe ! J’aime la beauté.

Beauté des pays et des femmes,
Beauté des vers, beauté des flammes,
Beauté du bien, beauté du mal.

J’ai trop étudié les choses ;
Le temps marche d’un pas normal ;
Des roses, des roses, des roses !

Charles Cros, « Sonnet », Le Collier de griffes.