Poésie complète de Cesar Vallejo

Poésie complète de Cesar Vallejo

Traduit de l’espagnol (Pérou) et présenté par Nicole Réda-Euvremer.

Cette nouvelle éditon française de la Poésie complète de Cesar Vallejo suit bien sûr celle qui fait autorité de longue date, en langue espagnole. Elle s’ouvre sur ces dexu premiers recueils : Les Hérauts noirs (1919) et Trilce (1922), les seuls qu’il avait publiés de son vivant et qui sont devenus des classiques du modernisme sud-américain.
Viennent ensuite les textes composés pendant l’exil européen, de 1923 à 1937, et publiés après la mort de l’auteur. D’abord voué à la réalité d’un Pérou suspendu dans le temps de l’enfance, puis à l’invention d’une langue onirique, oraculaire (et parfois désarticulée) la poésie Cesar Vallejo acquiert dans ses dernières années une dimension plus intemporelle, sans rien perdre de son exigence formelle ni de son humanité blessée. Précise et attentive à la polyphonie de l’original, la traduction de Nicole Réda-Euvremer rend enfin pleinement justice à cette oeuvre phare de la poésie hispanique du XXe siècle.

Né à Santiago de Chucho (Pérou) en 1892, Cesar Vallejo est une figure majeure du modernisme sud-américain.

Paru le 1er avril 2009

Éditeur : Flammarion

Genre de la parution : Anthologie

Poème
de l’instant

Lorand Gaspar

Approche de la parole

Le poème n’est pas une réponse à une interrogation de l’homme ou du monde. Il ne fait que creuser, aggraver le questionnement. Le moment le plus exigeant de la poésie est peut-être celui où le mouvement (il faudrait dire la trame énergétique) de la question est tel - par sa radicalité, sa nudité, sa qualité d’irréparable - qu’aucune réponse n’est attendue plutôt, toutes révèlent leur silence. La brèche ouverte par ce geste efface les formulations. Les valeurs séparées, dûment cataloguées, qui créent le va-et-vient entre rives opposées sont, pour un instant de lucidité, prises dans l’élan du fleuve. De cette parole qui renvoie à ce qui la brûle, la bouche perdue à jamais.

Approche de la parole,
Éditions Gallimard, 1978.