Poèmes

Aphorisme

Luc Bérimont

Et moi par toi, et toi toujours
Nous sommes au courant d’une grande nouvelle :
La vie peut commencer
Luc Bérimont. Extrait de « Grenier des caravanes » in Poésie complètes, tome III, Presses universitaires d’Angers

Extraits de Droit de Citer les poètes - Éditions Le Temps des Cerises

Anthologie des Éditions Le Temps des cerises, février 2014. Co-édition Le Printemps des Poètes.
Quelques citations extraites du livre :
Allumons les esprits, c’est notre loi première Victor Hugo
À chaque être plusieurs vies me semblaient dues Arthur Rimbaud
Plus il y a de poésie, plus il y a de réalité Novalis
Le poète est le législateur non reconnu du réel. Shelley
Nous voulons explorer la bonté contrée énorme où tout se tait Guillaume Apollinaire
Plus le poème est court Plus il entre en la (…)

LA BATAILLE DE LA SOMME (1916)

Jean L’Anselme

LA BATAILLE DE LA SOMME (1916) (Poème cadencé à rimes riches)
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BEAUCOUP DE MORTS
N.B. D’après un tableau de Zeimert
Jean L’Anselme, Con comme la lune, Rougerie

Il n’est pas temps

Michel Thion

Il n’est pas temps.
Il n’est pas temps d’abandonner l’avenir au passé, de s’arrêter au bord du chemin.
Il n’est pas temps de mordre les pianos ni d’installer des aquariums au creux des falaises.
Regarder en riant de l’autre côté des miroirs comme des enfants joueurs, il le faut, car il est venu ce temps-là. Il est venu en silence.
Ramper, c’est fini. Nous l’avons assez fait. Trop.
Il n’est plus temps de se bander les yeux pour ne pas voir l’obscurité.
Elle est là.
C’est le temps sombre.
Alors nous (…)

L’insurrection poétique

Anne Marie Bernad

Le feu chargé de mots
s’arrête sur la page
déchire l’intérieur
révèle le trop plein
la pâleur du sens
qui s’impose
rugir féroce
ou se fondre
incertaine
peur de se perdre
grimper aux arbres
pour un autre chemin

Credo

Jean-Pierre Siméon

Je crois en ceux qui marchent
à pas nus
face à la nuit
Je crois en ceux qui doutent
et face à leur doute
marchent
Je crois en la beauté oui
parce qu’elle me vient des autres
Je crois au soleil au poisson
à la feuille qui tremble
et puis meurt
en elle je crois encore
après sa mort
je crois en celui
qui n’a pas de patrie
que dans le chant des hommes
et je crois qu’on aime la vie
comme on lutte
à bras le corps
Jean-Pierre Siméon, Sans frontières fixes, éd. (…)

Le poète

Hamid Tibouchi

il dessine l’invisible
dans le noir
avec des tessons de soleil
il réclame
ici et maintenant
la lumière pour lui-même
et pour nous tous

A fleur de mots de Sonia Branglidor

L’insurrection poétique À fleur de mots À fleur de chants Un soulèvement du verbe À pas de colombe Des mots qui s’insurgent Se révoltent Des mots de résistance Des mots qui se dressent Des barricades d’adjectifs Des articles et des noms Des NON À l’oppression Des mots mutins Des mots rebelles Des poèmes qui se lèvent Des mots d’émeute Des mots en meute Pour défendre la liberté Des chants d’insoumis Des mots pour dire la paix Des mots pour faire TAIRE Les faux culs venimeux (…)

Loutre curieuse

Marie Ginet

Un jour changer de peau, de fourrure, de corps, de cerveau. Devenir bête ! Plumes et poils. Tenter la mystique métamorphose. Me réincarner.
Bête, c’est LOIN des hommes que j’aimerais vivre. Et donc : ni chat, ni chien occidental, stérilisé de force, gavé de croquettes OGM, avachi devant la télévision, dents pourries de sucre, obligé de porter des colliers de strass anti-puce, de dire ouaf ouaf merci papy ! Miaou miaou merci maîtresse !
M’éloigner des miens. Tomber le masque. Me délester de mon (…)

Oui

Jeanine Baude

OUI
Tous les non de ma vie sont fervents
sur le cri de l’enfant enchaîné à la guerre
sur son rêve perdu son babil se prenant
entre les rets du sort les lambeaux de ses plis
peaux chairs s’écalant comme œuf de misère
sur la faim et la soif de sa mère, la peur du vivant
désormais célébrée ; hurlante et sourde embrasure
Mais prononcer ce oui sur l’aube, à rebours de la brume
le corps d’à côté éclairant de ses courbes la brillance
d’un ciel, au-travers du carreau, puis celui d’un lit
apposant sa (…)

Poème
de l’instant

Valère Novarina

Chronophobie

Ici-bas dans la tourmente, il danse
Écoutez mes aïeux :
Je danse à la gueule de dieu

Traçant une ligne invisible
Entre n’être et naître pas
Entre naître et n’être pas
J’ai vécu vaille que vaille
Tout au fond d’l’univers
Le réel m’a pris en tenaille
Je danse à cœur ouvert

Le jour venu, mon âme d’animal
Si vous la trouvez en moi
Portez-la dans le sein d’Abraham !

Mai 2019, Valère Novarina, extrait de Chronophobie, poème inédit confié au Printemps des Poètes pour la 11e édition du Prix Andrée Chedid du Poème Chanté.