Poèmes

L’île du dedans

Zéno Bianu

Infiniment proche et le désespoir n’existe pas

Catherine

Alain Duault

Découvrir ci-dessous l’interprétation par deux élèves du lycée JASA de Fontainebleau

Où es-tu ?

Richard Rognet

Découvrir ci-dessous l’interprétation du poème par une élève du lycée JASA de Fontainebleau

On disait

Mireille Fargier-Caruso

On disait qu’ils visaient les enfants
Qui jouaient sur les terrains vagues
On disait qu’ils visaient les cafés
L’horizon, l’ouvert
Ils saccageaient la joie, les corps
Défiguraient l’immense
Des cerveaux devenus poreux
On disait qu’ils tarissaient les sources
Bannissaient en eux les couleurs de l’humain
Plus que tout, ils aimaient la mort
Follement noirs, des corbeaux
Annonçaient le règne de la nuit
Ils ne savaient pas
Que l’on garderait la musique en nous
Ils ne savaient pas (…)

À BANGUI-LA-COQUETTE

Gérard Le Gouic

Je voudrais vous réunir tous ici
comme autrefois à la Conféco,
le temple de la chemise camerounaise :
Jean-Baptiste Hounkponeu, le Togolais,
sévère et soupçonneux comme un gérant de stocks,
le Sénégalais Bâ Tapsir, rabatteur à son compte,
des chiffres d’affaires mirobolants dans les yeux,
le Tchadien commerçant au KM 5
Issène Bourma tel un papillon blanc
aux ailes de boubou au-dessus des lots,
et puis l’aide-vendeur, le livreur Benoît,
le gardien de nuit, le lépreux sous les arcades.
Et (…)

D’UN CARNET DE BROUSSE

Gérard Le Gouic

La lumière naît d’une aube incertaine,
on dirait des mares ou du sommeil des arbres.
Le long bâton du berger semblable
de loin à la gaule du piroguier
qui s’étire au-dessus du fleuve.
L’arrêt glissé pour lancer le filet,
la halte pour attendre la bête isolée.
Au soir chacun se lave
des cendres de la grande chaleur,
Se vêt pour la nuit du pagne de la ténèbre.
Gérard Le Gouic
(inédit (…)

Poème
de l’instant

Valère Novarina

Chronophobie

Ici-bas dans la tourmente, il danse
Écoutez mes aïeux :
Je danse à la gueule de dieu

Traçant une ligne invisible
Entre n’être et naître pas
Entre naître et n’être pas
J’ai vécu vaille que vaille
Tout au fond d’l’univers
Le réel m’a pris en tenaille
Je danse à cœur ouvert

Le jour venu, mon âme d’animal
Si vous la trouvez en moi
Portez-la dans le sein d’Abraham !

Mai 2019, Valère Novarina, extrait de Chronophobie, poème inédit confié au Printemps des Poètes pour la 11e édition du Prix Andrée Chedid du Poème Chanté.