Poèmes de Majnûn

Collection SINDBAD

Traduits de l’arabe, présentés et annotés par André Miquel
Calligraphies de Ghani Alani. La Bibliothèque arabe, “Les Classiques”. De tous les poètes arabes qui ont chanté l’amour parfait et impossible, Majnûn, homme de chair et de sang ou lui-même personnage de légende, est l’un des plus grands.
Sous ce nom (le Fou, ou le Fou de Laylâ : Majnûn Laylâ) se cache un jeune homme, Qays ibn al-Mulawwah, qui n’a peut-être pas existé. D’entrée de jeu, il s’agit d’un inextricable duo entre histoire et légende. La première nous dit qu’au désert d’Arabie, dans la seconde moitié du VIIe siècle, circulent des poèmes chantant un amour parfait et impossible. Leurs auteurs, sous divers noms, se veulent, d’une tribu à l’autre, les meilleurs dans le genre, et pour avoir vécu cet amour, et pour le dire. La légende, elle, nous parle d’un jeune homme, Qays, de la tribu des Banû Âmir, qui tombe amoureux de sa cousine Laylâ. Tout devrait concourir à leur bonheur : ils n’ont aucune crainte quant à l’accord de leurs familles, portées, comme les autres, à ce type de mariage préférentiel entre cousins. Mais voilà… Qays est poète, et il décide de chanter son amour à tous vents.

Ce faisant, il enfreint une règle majeure du code bédouin. Dès lors, tout s’enchaîne : le refus de la famille, le mariage forcé de Laylâ, son départ de la tribu, Qays sombrant dans la folie et allant vivre avec les bêtes du désert, sa mort enfin, d’épuisement et de douleur.
Quel qu’en soit l’arrière-plan social, la légende crée un mythe : celui de l’amour parfait et impossible. De tous les poètes qui l’ont chanté dans l’Arabie de ce temps, notre Majnûn est sans doute le plus grand : homme de chair et de sang ou personnage inventé, il fixe au poème un unique sujet, l’amour sur toutes les variations possibles.

LE TRADUTEUR
Agrégé de grammaire et docteur ès lettres, André Miquel a enseigné pendant de nombreuses années la langue et la littérature arabes classiques au Collège de France, dont il a été l’administrateur général, après avoir été celui de la Bibliothèque nationale. Il a consacré de nombreux
ouvrages au monde musulman et traduit de grands textes classiques arabes. Sindbad a notamment publié : L’Amour poème de Majnûn (1998), Sept contes des Mille et Une Nuits
(1987), Du désert d’Arabie aux jardins d’Espagne (1992), Les Arabes et l’amour (anthologie poétique, Actes Sud, 1999) avec Hamdane Hadjadji et, en collaboration avec Percy Kemp, Majnûn et Laylâ, l’amour fou (1984).

Paru le 1er octobre 2003

Éditeur : Actes Sud

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

L’ivre de mots

Se risquer à vivre.
c’est bien le minimum.

Stéphane De Groodt, L’ivre de mots, Éditions de l’Observatoire, 2019