Poème pour Emily Dickinson

Alejandra Pizarnik

De l’autre côté de la nuit
l’attend son nom
son subreptice désir de vivre,
de l’autre côté de la nuit !

Quelque chose pleure dans l’air,
les sons dessinent l’aube.

Elle pense à l’éternité.

Alejandra Pizarnik, « Poème pour Emily Dickinson », traduit de l’espagnol (Argentine) par Jacques Ancet, La dernière innocence, Ypsilon Éditeur, 2012.

Poème
de l’instant

Alain Duault

La cérémonie des inquiétudes

Les arbres meurent sans qu’on se souvienne de ceux
Qui les avaient plantés les chiens le chat les oiseaux
Sont notre boussole dans la lumière des jours violets
Tout s’oublie qui dure plus longtemps que soi Reste
Le souvenir de ces chevaux sauvages qui galopaient
Poussés par un désir sans fin

Alain Duault, La cérémonie des inquiétudes, Éditions Gallimard, 2020.