Poème inédit d’Anita Conti

Pourrais-tu ignorer
Que chaque jour, Pour Toi,
un ciel entier s’éclaire ?

À Tous les pas de cet élan
qu’est notre vie
À tous les jeux de cette rage
J’ai ouvert les bras
Et gémi

Et sur le grand vent refermé,
Au long des temps
Mes bras heureux brûlent encore
De leur désir.

Anita Conti, 4 janvier 1994, à Fécamp, Inédit.

Poème
de l’instant

Évariste de Parny

Poésies érotiques

Enfin, ma chère Éléonore,
Tu l’as connu ce péché si charmant
Que tu craignois, même en le désirant ;
En le goûtant, tu le craignois encore.
Eh bien, dis-moi ; qu’a-t-il donc d’effrayant ?
Que laisse-t-il après lui dans ton âme ?
Un léger trouble, un tendre souvenir,
L’étonnement de sa nouvelle flamme,
Un doux regret, et surtout un désir…
… Moments délicieux, où nos baisers de flamme,
Mollement égarés, se cherchent pour s’unir !
Où de douces fureurs s’emparant de notre âme,
Laissent un libre cours au bizarre désir !

Évariste de Parny, Poésies érotiques, 1778.