Po&sie 145-146

Po&sie 145-146

In memoriam Robert Davreu
Franz Kafka, Browska, traduit de l’allemand par Robert Kahn
Friedrich Nietzsche, Poèmes lyriques, traduits de l’allemand et présentés par Guillaume Métayer
Joseph Brodsky, À Seamus Heaney, traduit du russe par Véronique Schiltz
Domenico Scarpa, Primo Levi, le vrai début  : «  Buna Lager  »
Eugenio De Signoribus, Corps sans nom, traduit de l’italien et présenté par Martin Rueff

Paru le 1er juin 2014

Éditeur : Belin/ Po&sie

Genre de la parution : Revue

Poème
de l’instant

Alejandro Jodorowsky

C’est comme ouvrir un menhir avec les mains

Cessez de chercher, vous êtes la porte
et les gardiens qui en interdisent l’accès.
Chaque pas vous éloigne du nombril
chimères assoiffées d’aventure.
Vous croyez que le mariage vous libère de la mort
ou que l’argent vous marque dans la hiérarchie divine.
Cessez de chercher, la conscience est le philtre magique,
L’œil capable de rejoindre les orbites vides de Dieu
traversant la mort. Personne ne se rencontre soi-même
en parcourant les mers ou en explorant les cavernes.
C’est difficile, comme ouvrir un menhir avec les mains
car notre âme est plus dure que la pierre.

Alejandro Jodorowsky, Traduit de l’espagnol (Chili) par Martin Bakero et Emmanuel Lequeux
dire ne suffit pas, no basta decir, Le Veilleur Éditions, 2003.