Pierre Oster

Né en 1933. Publie "Le premier poème" dans le Mercure de France en 1954 ; aussitôt après des "Quatrains gnomiques" dans la Nouvelle Revue Française. "Le champ de mai" paraît chez Gallimard en 1955 (Prix Fénéon). "Solitude de la lumière" (1957) lui vaut le prix Max-Jacob.
Rencontre Alexis Leger, en 1961, grâce à l’amitié de Jean Paulhan.
1962 : entrée au Cercle du Livre précieux / Editions Tchou.
1971 : épouse Angella à Leningrad
1975 : codirige la décade Ponge à Cerisy-la-Salle ("Ponge inventeur et classique")
1978 : nommé au comité de lecture des Editions du Seuil (sur les instances de Denis Roche), il en fait partie jusqu’en 1995.

Extrait

(…)
Il est doux de déchiffrer, fable du sable et bruit du ressac,

Strophe où le coeur s’accorde à une scansion imperceptible,

Tel un recours… un secours, le secret de la sûre lenteur !

Le soleil… Il s’est revêtu de faux déguisements de l’écorce,

Le soleil contourne et dévaste, incendie un énorme récif.

On croirait d’une illumination des vergers, des nations de la houle,

Des quais, des bassins que j’ai dits… Des champs que la terre conçoit

Pour les voyageurs ! Le vent dans un fol équipage et d’âge en âge

Nous prépare à lui demander notre liberté ! A lui ravir

Aussi notre destin ! Les chemins que la mer borne et que la tempête blesse

N’affirment pas que nous ne mourrons pas. Comprennent-ils

Certaines plaintes… et les justifient-ils ? Soumettent-ils les âmes

A des nuances… qu’ils engendrent…à des grains de pollen

Engloutis par le flot des sillons ? S’assombrissent, s’effacent

De clairs refuges. Où Vénus s’est offerte, a souffert, les deux

Crépusculent triomphent. A midi je vois les maîtres fugitifs des métamorphoses.

Le ciel en changeant nous convient, nous accoutume au tableau

Des ténèbres du soir, les renforce et les fait pareilles

A une armée, à son aile marchante. Ah ! je les admire à travers

Les haies vives ! Une voile, un voile. Et le soleil perce,

Masque la masse des branches. Un autre tableau, ambigu,

Nous est parfois favorable. Et je quête ou découvre une étrange

Leçon. Leçon que le vent revendique, ultime et premier serment.

Je n’en réclame et le prononce à neuf ! Je m’avance à la rencontre

De l’éternel fil de la Vierge. Un fil nous rattache aux morts, nous touche le cou.
(…)

Fragment

Bibliographie

  • Paysage du Tout, éd. Gallimard, collection "Poésie-Gallimard", 2000
  • Alchimie de la lenteur, Babel éditeur, Mazamet, 1997
  • Saint-John Perse, Alexis et Dortohée Leger, Babel éditeur, Mazamet, 1992
  • Une machine à indiquer l’univers, entretiens, éd. Obsidiane, Sens, 1992
  • Requêtes, version nouvelle, suivie d’ Un art poétique, éd. Le Temps qu’il fait, Cognac, 1992
  • L’ordre du mouvement, Babel éditeur, Mazamet, 1991
  • Pratique de l’éloge, éd. La Baconnière, 1977
  • Les dieux, éd. Gallimard, 1970
  • La grande année, éd. Gallimard, 1964
  • Un nom toujours nouveau, éd. Gallimard, 1960
  • Solitude de la lumière, éd. Gallimard, 1957
  • Le champ de mai, éd. Gallimard, 1955

    dossier "Pierre Oster", dans la revue Nunc, éditions de Corlevour, mai 2003